The show must go on

The show must go on

Par où commencer ? En vous parlant de la performance de l’acteur qui endosse ici le rôle du magnifique Freddie ou en tentant de contrer les critiques qui disent leur déception face à ce film ?

Définitivement, je commencerai par vous dire l’émotion que m’a procuré ce Bohemian Rhapsody. Car au bout du chemin, seule compte l’émotion ressentie, il me semble.

Or, déjà très amoureuse de Freddie, de son univers et de celui de Queen, le groupe qu’il a rejoint en 71 (les 70’s, cette grande décennie), c’est avec un plaisir immense que je me suis totalement laissée emporter, porter et ce, dès cette toute première scène durant laquelle, littéralement, nous entrons sur scène avec lui.

La passion est là. La passion de la musique, l’envie plus forte que tout de faire naître « quelque chose » et de donner du plaisir au Monde. Un grand choix de vie en soi.

Ensuite, faire un film est, il me semble, une question de parti pris. Ceux du réal (Bryan Singer, « papa » de Usual suspects et qui a depuis filmé des super héros) sont clairement définis et exprimés.

Il a souhaité mettre en avant chacun des membres du groupe – parfois éclipsés il faut le dire par le charisme naturel et flamboyant de Freddie – et nous placer au coeur de la création et de l’évolution du groupe désormais mythique. Pari réussi : j’ ai été tellement touchée par les relations entretenues par ce quatuor. La grande et belle amitié qui les unissait, cette passion créatrice parfois dévorante qui les a liés à jamais  et le regard bienveillant qu’ils portaient les uns sur les autres. Des mecs bien en somme unis par les liens sacrés de la musique. Le batteur jamais sans le bassiste, jamais sans le guitariste, jamais sans le grand performeur que fut Freddie, et vice versa.

Il a ensuite souhaité porter à l’écran la solitude de Freddie Mercury et sa difficulté à vivre un quotidien paisible et redondant, ses envies de folies, de grandeur, de feux d’artifices. Et puis cette révélation qu’était pour lui la scène, seul endroit où il devenait celui qu’il était vraiment, au fond de son coeur. Seul endroit où sa flamboyante pouvait vivre, exacerbée, véritable source de vie.

Plus besoin alors de s’emberlificoter dans des choix de cinéma plus complexes que prévus. Non, le film ne réinventent en rien le style du biopic. Et alors ?

L’acteur principal donne vie à un Freddie Mercury plus vrai que nature. Certes, il est difficile d’atteindre le charisme du chanteur mais ce qu’il fait est assez grandiose.

Reste à évoquer ces sublimes scènes de concerts, plus vraies que nature notamment celle du concert Live Aid de 1985 reproduite en « taille réelle » soit 20 minutes d’un concert devenu légendaire qu’électrisa Queen. Tous les détails sont là, Freddie et ses acolytes sont là devant nous et l’envie de chanter, d’applaudir et de danser est difficile à contenir.

Je repars alors avec le sentiment bien agréable d’avoir vécu « mon Wembley* à moi » et avec un seul regret : que le réalisateur n’ait pas, comme Queen à l’époque, eu le courage de proposer aux productions un film de 6 heures** qui aurait alors pu évoquer la carrière du groupe dans son intégralité et avec une plus grande finesse encore.

Je poursuis l’aventure en écoutant, à fond depuis hier soir, les morceaux irremplaçables de Queen et en regardant leurs prestations grandioses, définitivement classées dans les anales de la musique mondiale. Car rien ne vaut la vie, la vraie.

The show must go on.

* Le concert Live Aid de 1985 a eu lieu au stade de Wembley. Tous les bénéfices de ce concert caritatif ont été reversés à des asso qui luttaient et luttent encore contre la propagation du virus du SIDA

** Le titre Bohemian Rhapsody dure 6 minutes et a d’abord été refusé par les major car les radios ne diffusaient que des titres de 3 minutes. Le travail de persuasion de Freddie a fini par payer car le titre a finalement été diffusé en radio et a rencontré le succès qu’on lui connait.