Si tu voyais son coeur

Si tu voyais son coeur

Le film s’ouvre sur une très belle scène. Un plan séquence de haut vol nous emporte littéralement au coeur d’une fête de mariage. L’on suit la caméra signifiée par une jeune fille qui virevolte entre les invités, les toise, remarque jusqu’à ceux qui se cachent dans les coins, note les regards échangés… pour nous mener jusqu’au couple de mariés, ivres de bonheur et de danse.

Dès lors, la toute jeune réalisatrice qui signe ici son premier film nous montre un amour et une connaissance fine des règles du cinéma. Les séquences suivantes nous mettent face aux codes des films noirs, ces films d’espions, de malfrats, de petits bandits et de non dits, de douleurs aussi.

La réal dit de son personnage principal qu’il a la tête comme un puzzle, pleine de problèmes à régler et de situations à remettre dans le bon ordre.

Il est clair que le chaos est au coeur de ce film qui évoque la quête de rédemption, de nouvelle chance, de nouveau départ.

Tout cela est bien amené mais le scénario, trop pauvre et la direction d’acteurs que j’ai trouvée un peu bancale nous gènent et nous placent face à des situation qui donnent une sensation de fausseté. Plusieurs fois je suis sortie du film pour me dire que ce que je voyais là n’était pas véritable car trop appuyé, déjà vu ou encore boiteux.

Ce film est très clairement le film d’une cinéphile, d’une amoureuse des films noirs à l’américaine, d’une personne pour qui l’esthétique est au coeur de toute création (certaines scènes sont d’une beauté sulfureuse) mais le tout est encore fragile et ne parvient pas à attraper son audience.

J’ai décroché et ai trouvé le temps long. Dommage pour un film qui ne dure qu’1h26.