Sentir le coeur d'une ville battre

Sentir le coeur d’une ville battre

J’ai vu La Caire Confidentiel. 9 semaines après sa sortie en salles. Si vous me lisez, vous n’êtes pas sans savoir que je suis plutôt du genre à voir les film dès leur sortie, voire avant grâce aux avant-premières.

Avec tant de films distribués en salles chaque semaine, la cinéphilie demande une certaine dose d’organisation !

Cela dit, la cinéphilie invite également, et avant tout, à l’échange, à l’écoute et à l’ouverture d’esprit.

Et là je dois avouer noir sur blanc que c’est très clairement grâce au bouche à oreille et à l’entrain qui existe, aujourd’hui encore, autour de ce film, que je me suis décidée, sur le tard donc, à découvrir cet opus.

Grand bien m’en a fait tant ce film est la définition même de ce que j’attends du cinéma.

Un scénario béton et ficelé, une interprétation minutieuse et tellement naturelle en même temps (excellent et charismatique Fares Fares, je suis tombée sous le charme) et surtout, cet écho, fort et pourtant légèrement et délicatement amené, sur une ville en mouvement, en changement, en phase de renouveau.

Cette ville qui fourmille c’est la Caire, à l’aube de son printemps arabe et au coeur de laquelle bouillonne une population attachée à sa culture et pourtant engagée dans des batailles qui visent à changer les règles, les normes et à vivre sous de nouveaux auspices.

C’est totalement cinématographique, filmé avec goût, fougue et douceur et c’est au sein même de cette atmosphère lourde et parfois asphyxiante que se tisse l’enquête menée par l’inspecteur joué par Fares Fares : l’incarnation d’une ville qui se veut droite dans ses bottes mais qui dévisse parfois simplement puisqu’il faut bien se mettre au diapason de la société au sein de laquelle on évolue.

Mais cet inspecteur Noureddine est certes cynique mais profondément intègre et il est clair qu’il a l’idéal d’une société libre et honnête en ligne de mire.

C’est toute la dichotomie de cette ville et de ce qui la rend vivante qui crépite à l’écran avec merveille.

C’est hypnotique et l’archétype du Cinéma qui nous invite au coeur même des sociétés qui nous entourent et évoluent.

Mention spéciale à cet « homme aux yeux verts » (quel plus joli nom de cinéma en vrai ?!) interprété par Slimane Dazi qui m’épate à chacune de ses apparitions et ce depuis son rôle de Latrache dans Un Prophète. Assez hypnotique.

De l’art du cinéma vivant, riche, qui parle vrai.