Nevada

Nevada

Alors oui il y a cette douleur sourde d’un homme meurtri, la puissance acharnée d’un pur sang parqué car immaîtrisable.

Deux êtres non domestiqués, indomptables.

Puis cette rencontre au cœur même des contrées sauvages d’une Amérique rugueuse, non polie.

Sur le papier, la teneur de ce premier film est forte. En réalité, elle pâtit d’un trop plein d’explications et par conséquent, d’un manque prégnant de subtilité.

Matthias Schoenaerts, dont j’aime justement le manque de patine, la puissance brute qu’il porte en lui, est ici à la fois en surchauffe et en sous cadence. Lent, faussement pénétré par une douleur dont on apprendra plus tard qu’elle le terrasse depuis des années, j’ai trouvé qu’il en faisait « trop dans le pas assez » comprenez : qu’il n’était pas dans la justesse du rôle.

Quelques scènes fortes, avec l’animal, sont belles mais manquent, là encore de profondeur de champs et de cœur. Et de panache disons le !

Le tout m’est tombé des mains, des yeux et j’ai vécu ce film dont l’ambition est grande comme une bluette mal ficelée.

Qui ne m’a à aucun moment touchée, atteinte. Ou si peu.

Pour la seconde chance et la renaissance, on repassera.