L'empereur de Paris

L’empereur de Paris

Le film débute alors que François Vidocq est envoyé au bagne pour une énième affaire sanglante. La première séquence est digne du cinéma de Richet (Mesrine) qui sait définitivement filmer les scènes de violence, tantôt en plan large, tantôt en plan serré. On sent également qu’il connait par cœur les contours du visage de Cassel ( Vidocq) qu’il « magnifie » tantôt dans la douceur, tantôt dans ce qu’il a de plus brutal.

Le ton est donné. La hargne, la brutalité, la vengeance seront les maîtres mots de cet opus.

Cette première séquence se conclut par une énième évasion depuis une galère en pleine mer. Vidocq  a alors débuté une nouvelle vie mais est retrouvé, arrêté et accusé d’un crime qu’il n’a pas commis. Il propose un pacte aux officiers : les aider a se débarrasser des vrais coupables en échange d’une lettre de grâce qui annulera tous ces forfaits.

François Vidocq, l’ex-bagnard devient alors chef de « la brigade de sûreté », sous le règne de Napoléon.

Le film a été tourné à Paris en décors réels, on sent le travail de reconstitution minutieux qui a été réalisé. Mais pourquoi alors tous les acteurs donnent-ils l’impression de si peu y croire ? A commencer par Cassel, forcément bon et puissant comme à son habitude, mais à qui il manque une once de conviction.

La force du film tient dans la qualité du divertissement qu’il propose. Des scènes d’action très bien filmées et une intrigue simple mais bien menée. Dommage alors que les personnages soient tellement caricaturaux à commencer par celui de la baronne qui m’a exaspérée au plus haut point. Elle est lourde, mal incarnée, pas terriblement jouée.. A l’image du film tout entier qui manque largement de finesse.

Denis Menochet, qui est l’un de mes acteurs français préférés, et définitivement capable de grandes choses (son rôle dans Jusqu’à la garde le prouve) semble ici livré à lui même. Idem pour Luchini, qui use d’une certaine sobriété mais peine un peu à imposer une stature.

Il y a une certaine méfiance dans tout le film. Comme si tous n’y croyaient pas vraiment.

Au détail près que James Thierrée est, lui, impeccable. Je pense pouvoir dire que je n’ai encore jamais vu un acteur utiliser avec autant d’à propos son corps, sa gestuelle pour incarner – ici en l’occurrence – une douleur vive. Il trouve dans la dernière scène du film un terrain de jeu qui lui sied à merveille.

Cette fin justement qui m’a captivée (il était temps à 15 minutes de la fin du film) est réalisée avec brio et emphase. L’acmé d’un film trop peu ambitieux.

Reste Vince Cassel,  incarnation de ce Vidocq tourmenté. Toujours en proie à la revanche. Est-il seulement aussi libre qu’il dit l’être ?

Évadé perpétuel.