La lutte des classes

La lutte des classes

« On a des principes jusqu’au jour où on a des enfants ». C’est là le maître mot de cette comédie réjouissante qui évoque les lendemains (qui ne chantent pas forcément) des grands engagements politico-sociaux de gauche.

Paul et Sophia s’aiment et vivent en couple depuis des années. On les découvre alors qu’ils vendent leur appart parisien pour acheter la maison de leur rêve à Bagnolet, terrain d’enfance de Sophia. L’ascenseur social comme on aime à l’appeler semble avoir fonctionné pour ce couple à la croisée des chemins : un peu prolo, beaucoup punk très bobo.

Elle est avocate à Paris (c’est Leila Bekhti) il est batteur professionnel… chez lui. Il occupe surtout son temps à répéter son tube de l’époque (j’encule le Pape, oui il est punk) devant des sans abris (c’est Édouard Baer). Bref un couple mixte comme on aime à les appeler qui s’aime de ses différences. Au milieu de ce duo, un jeune garçon élève à « Jean Jau » (Bagnolet ville coco avant d’être bobo!) en proie aux atermoiements de la vie banlieusarde. Le délitement (léger et gentil comprenons nous) du couple va alors débuter lorsque leur fils chéri, semble t il, pâtit des aléas de la mixité sociale.

En clair et en filigrane le film pose la question du devenir des idéaux de gauche.

Édouard Baer incarne à la perfection ce reac de gauche moins enclin à prôner la beauté de la mixité sociale dès lors que son équilibre de vie devient périlleux.

Le film dit aussi l’imprégnation nauséabonde et insidieuse de nos cerveaux à l’écoute des informations qui poussent quiconque à faire des amalgames. C’est bien vu et je pense que chacun peut alors se reconnaître. Une pensée, une gêne, un mot et c’est alors toute la bienséance du bel humanisme de gauche qui s’effrite.

Cette comédie ne restera pas dans les anales pour ces idées de cinéma (quasi aucune) si ce n’est cette fin très cinématographique justement qui dit la possibilité d’un vivre ensemble si tant est que l’on sache se regarder, puis s’écouter puis se respecter. Pour ce que nous sommes.

Une belle leçon qui rappelle la richesse de la diversité. Nous avons tous notre pierre à apporter à l’édifice de notre société.