La favorite

La favorite

Tout du cinéma de Yorgos Lantimos est là. Son œil acéré sur le monde qui l’entoure est toujours aussi vif et plus piquant encore qu’auparavant.

Que j’aime son univers qui lorgne à chaque instant du côté de l’absurde, de l’étrange et du sublime.

Chaque plan se joue d’une perspective parfaitement maîtrisée et l’usage de ce fish-eye vient nous dire à quel point les personnages qu’ils filment sont ridicules et petits.

Pour la toute première fois, Yorgos empoigne l’humour pour appuyer son propos et illustre de façon frontale le pathétique de cette cour qui se toise, s’affronte, se confronte, se jalouse… Et le résultat est jouissif !

Le film vaut pour l’ambiance trouble et unique qu’il dépeint et pour ce trio d’actrices qui m’a quasiment subjuguée. Olivia Colman, sous les atours de la Reine Anne, est divine en monarque paumée et affaiblie tour à tour combative quoique soumise et femme enfant qui n’attend qu’un peu d’amour. Face à elle, sa conseillère et sa femme de compagnie qui se vouent une guerre sans merci pour savoir qui des deux aura les faveurs de la reine et plus encore, qui des deux pourra offrir ses faveurs à la reine.

Car cette Favorite derrière sa critique frontale du pouvoir est aussi une ode à l’amour… saphique, physique.

Le tout ne se prend jamais au sérieux et une fois de plus, se joue de ces jeux de pouvoirs tournés au ridicule. Les acteurs sont tous superbes et l’atmosphère générale faite de coups bas et de manipulation est dérangeante quoique jubilatoire !

Un autre regard sur les grands de ce monde. Si petits.