GPA - Diane a les épaules

GPA – Diane a les épaules

 

Elle les a les épaules cette Diane. Certes l’une d’entre elles tend à se disloquer ça et là (c’est qu’elle aime bricoler et se bagarrer Diane, une vraie casse cou). Un psy ou un spécialiste de la psyché trouverait à nous dire qu’il s’agit là d’une jointure et donc du symbole de la relation à l’autre, du lien que l’on créé aux nôtres et aux autres. Peut-être.

Toujours est-il que Diane (lumineuse Clothilde Hesme) n’a pas tant de mal à créer du lien qu’à les maintenir ces liens. Surtout lorsqu’il est question d’amour avec un amoureux. Car des liens forts scellés durant l’enfance elle en a, avec son ami Thomas dont on comprend qu’il fait partie intégrante surtout depuis qu’elle porte son enfant. Celui qu’il s’apprête à accueillir avec son ami.

S’en suit une comédie – parfois dramatique – qui se déroulera durant les 9 mois de la grossesse d’une Diane pétillante et jamais à court d’énergie.

Sur le chemin de cette grossesse va naître un amour – sensible et sincère bien que souvent rocambolesque – entre Diane et un homme rencontré sur un chantier (oui c’est un peu toujours le chaos et en chantier dans la vie de Diane).

La GPA (Gestation pour autrui, déjà avec un terme pareil, on n’a pas forcément envie d’en dire plus) est toujours traitée de façon lourde, politico-éthique et ça nous barbe. Comment se sentir impliqué dans ce qui semble être en effet l’un des sujets de société les plus brûlants lorsqu’il nous est présenté de façon tellement répulsive ?

C’est là le pari du film, mettre ce sujet sur le devant de la scène pour nous montrer les humains concernés par cette décision et cela, sous le spectre de la comédie. Et que c’est plaisant !

Ce n’est pas pour autant que la souffrance parfois ressentie nous est épargnée. Elle fait partie de la vie et c’eut été stupide de la nier.

Mais le réal nous prouve qu’il est possible d’évoquer un sujet aussi sensible soit-il via l’humour, un certain détachement et une liberté sans phare.

Le tout est brillamment interprété – surtout par Clotilde Hesme véritablement enceinte pendant le tournage, qui irradie – et donne à réfléhir aux choix que l’on fait et à leur impact sur nos vies à nous et aux nôtres.

C’est à la fois rude, sensible et risible. Un mélange savamment orchestré.