BFSC à Cannes : troisième // Episode 6

BFSC à Cannes : troisième // Episode 6

L’on s’imagine qu’aller à Cannes c’est à là cool, juste l’histoire de monter les quelques marches d’un palais et de visionner (ou pas d’ailleurs) un film qu’on n’aurait très certainement jamais vu ailleurs, en temps normal.

Demandez à n’importe quel festivalier ce qu’il pense de cela, il vous dira que la réalité est bien loin. Car oui, faut pas croire mais c’est du boulot que de visionner des films, je comprends que quelques uns soient payés pour ça !

En ce 6ème jour de festival, j’ai trouvé mon rythme, retrouvé mes habitudes et déniché de vraies pépites cinématographiques.

Chanceuse jusque là, je n’ai manqué / été refoulée d’aucune séance auxquelles j’aspirais et je trouve que mes choix sont jusque là assez bons car variés.

En clair, ce 68ème festoche se passe à merveille ! Review.

 

Alors on voit quoi à Cannes ?

Mon roi de Maiwenn, en compétition officielle

  • Si ce film n’est pas vraiment bon ni réussi, il a le mérite de tenir son pari en traitant son propos de façon approfondie et je dirais, parfaitement juste et vraie.
  • Le propos en question c’est la perversion narcissique (vrai phénomène de société, si si je vous assure) et l’emprise qu’elle peut avoir et causer sur une personne
  • Le pervers narcissique en question est joué par Vincent Cassel qui excelle dans le rôle. J’aime ce mec, cet acteur. On a l’impression comme ça qu’il est complètement free style mais l’on sent que c’est un vrai bosseur.
  • En réalité, je pense aussi et surtout qu’il a beaucoup apporté de sa « vraie personne » dans ce rôle (non je ne suis pas en train de le traiter de pervers narcissique). Cela dit, c’est bel et bien ce que l’on attend d’un acteur : qu’il puisse nourrir son jeu de ses expériences et de ce qu’il a dans le « bide ». Vincent Cassel prouve qu’il a un sacré parcours de vie, il dégage clairement une force mêlée à une certaine douceur. Il est tout en nuances et c’est exactement de cette empreinte qu’il vient marquer le film.
  • Le film est parfois lourdingue (l’intro… hello on aurait pu comprendre l’allusion, la métaphore tous seuls Maiwenn, merci)
  • Emmanuelle Bercot est également juste quoique un peu agaçante car pleurnicharde mais je dois dire qu’elle incarne quasi à la perfection cette volonté de donner l’impression de gérer la situation et d’encaisser, alors qu’en réalité ce n’est qu’un cœur meurtri par l’amour qu’elle porte à cet homme qui ne fait que la détruire. Cercle vicieux pour un tête à tête puissant et assez névrosé.

 

Le tout nouveau testament de Jaco Von Dormael, la Quinzaine des réal

  • Le meilleur film que j’ai vu depuis le début de ce festival
  • Un bijou d’inventivité
  • Je vous donne le pitch car vraiment il vaut le coup. Dieu (le vrai) vit à Bruxelles, est un homme odieux qui a bel et bien créé le monde à son image mais problème : comme il ne s’aime pas, il a répandu la haine sur Terre et le monde est incontrôlable (le monde tel qu’on le connaît). Il a engendré un fils : JC aujourd’hui disparu dans d’atroces souffrances (dont on a vaguement entendu parler) et une fille qui répond au doux nom d’Ea. Sa femme, la déesse est une pauvre femme soumise qui n’a pas son mot à dire. Tous les trois vivent reclus. Dieu règne donc sur ce monde en despote. Dieu est en fait un gros beauf qui passe sa journée à boire des bières sur son canap’ en peignoir et chaussettes.
  • Voyant le chaos s’installer peu à peu, sa fille prend la décision de remédier aux choses. Elle prend le contrôle de l’ordi de son père qui gère donc toutes nos vies (il a un dossier pour chacun d’entre nous, c’est pas si mal géré au fond) et envoie à tous un texto indiquant le nombre de jours restant avant le jour de notre mort. Forcément vous voyez venir le truc : cela va radicalement changer le cours des choses. Ni une ni deux, la petite se parachute dans le monde des vivants et va se donner pour mission de trouver 6 nouveaux apôtres et d’écrire un tout nouveau testament.
  • C’est magnifique, d’une pureté vraiment réelle, sans aucun faux semblant
  • De nombreux sujets de sociétés sont évoqués et pour cela d’ailleurs j’aimerais revoir ce film tant il est complet et mérite qu’on le regarde à nouveau pour bien cerner tous les contours
  • Ce film nous emmène dans un ailleurs et c’est il me semble le propre du cinéma : qu’il nous emmène pour mieux nous replonger dans la réalité de nos vies et de notre monde.
  • J’ai littéralement ri et pleuré en même temps : un concentré d’émotion
  • Si je vous dis que Dieu est joué par Benoit Poelvoorde et que Catherine Deneuve (qui definitly est supra rock’n roll, je l’adore !), Yolande Moreau et François Damiens viennent compléter le casting : je finis de vous convaincre ?
  • Un pur bijou

 

Les deux amis de Louis Garrel, semaine de la critique

  • Ce premier opus est une réussite
  • C’est du Louis Garrel sans être du Garrel, je ne sais pas si je me fais comprendre. Je veux dire par là qu’il a su marquer de son empreinte, sa vraie empreinte, la sienne, ce film qui lui appartient totalement ce qui n’était sans doute pas gagné (je me souviens de ce film vu à Cannes d’ailleurs en 2012 du fils de David Cronenberg. Et bien je puis vous dire que c’était clairement du « sous Cronenberg »)
  • Louis G filme amoureusement la belle actrice iranienne Golshifteh Farahani (forcément c’est son amoureuse dans la vraie vie)
  • Il a offert un rôle « à la Vincent Macaigne » à Vincent Macaigne mais lui donne l’étoffe que je n’avais jamais vue jusque là et c’est intéressant
  • Comme son nom l’indique, le focus se porte sur ces « deux amis » (Vincent Macaigne et Louis Garrel qui joue dans son propre film) qui partagent des moments forts d’amitié depuis des années. La cohésion entre les deux est forte et transperse l’écran.
  • Vient se greffer cette jeune femme donc qui ne trouvera sa place qu’entre les deux amis
  • C’est assez pur et beau et il n’en fait jamais trop (alors que c’est parfois le risque avec Louis Garrel, il aurait peut être tendance à trop s’écouter et à trop se regarder mais là, pas du tout.
  • Ce film est presque lyrique car il évoque les limites de l’amitié, les limites de l’amour que l’on porte aux personnes que l’on aime. Il met en avant nos félures et nos limites à chacun. C’est donc très pur et beau.

NB : Les amis ne pensez pas que je ne fais les choses qu’à moitié. Je peaufinerai ces articles dès que possible et les agrémenterai de photos et autres bandes annonces des films dont je vous parle. Toutes les infos sont sur le site officiel du Festival.