A vau-l'eau

A vau-l’eau

Oui, lorsque j’ai vu le logo de la boite de prod et la toute première inscription portée à l’écran « Luc Besson présente, j’ai eu un doute. Vite dissipé.

Film de commande ? Volonté de faire de l’histoire vraie de l’explosion de ce sous marin russe, un blockbuster ? Voilà ce que j’ai pu lire ça et là mais… non, aucunement.

Outre ce premier plan qui peut faire penser au Grand Bleu (un enfant en apnée dans une baignoire, ndlr) et à cette référence à l’épave du Titanic (qui me fait bien sourire), je ne vois rien de potentiellement racoleur ou « commandé » dans ce film.

J’ai de suite été embarquée dans l’histoire de cette famille, de cet homme et de cet équipage. Ici, c’est l’humain qui prime. La capacité de survie d’hommes et de femmes pris par les éléments de la nature et de la vie. Obligés de prouver leur force, leur volonté de combattre une inertie et une issue fatale pourtant toute tracée.

Le film est « lean« , comprenez n’a aucun « bout de gras ». Le réalisateur danois (Festen, La Chasse) mène son récit avec brio en ne s’appesantissant pas sur la scène de départ « pré mission sous marine ». Il mise tout sur l’enfer des hommes pris au piège du sous marin abîmé par un missile ayant explosé en pleine mission.

On est alors enfermé avec eux, en proie à leurs angoisses, témoins de leur résistance aussi. On suffoque avec eux lorsque l’oxygène vient à manquer et on tremble lorsqu’au péril de leur vie, deux sous mariniers partent en expédition dans les autres compartiments du sous-marin pour récupérer des « munitions » de vie. Tout est alors filmé caméra à l’épaule pour retranscrire un réalisme véritable.

Au dehors de ce chaos, les femmes, mères et enfants de ces hommes en péril qui hurlent à l’aide nationale et internationale. De ce point de vue là, le film se veut politique en disant la dangerosité de ces hommes de pouvoir plus affairés à défendre leur butin et leur réputation plutôt que de sauver la vie d’hommes « engagés pour leur patrie » et donc vus comment étant corvéables à merci.

Les acteurs sont tous très bons. Matthias Schoenaerts confirme sa grande qualité d’acteur dit physique et Léa Seydoux – que je n’ai pas épargnée par le passé – est assez épatante dans le rôle de cette femme amoureuse puis meurtrie et de cette mère aimante. L’enfant d’ailleurs est d’une délicatesse immense. Tout en silences, en observation, il est alors l’élément d’ancrage du film et permet au réalisateur de mettre l’accent sur ce qui est dans doute sa thématique favorite : évoquer les liens familiaux, les liens père-fils et ce long travail vers la construction.

De l’importance de la transmission, des souvenirs et du passage de relais.