A M Y

A M Y

Oui je sais, j’avais dit que je partais en vacances et je vous laissais avec des minions et des émotions diverses et variées. J’avais tout prévu mais voilà que je me sens dans l’obligation de revoir mon planning d’articles bloguesques et ce, pour une raison toute simple. j’ai vu le documentaire Amy et ai terriblement envie de vous en parler, de partager mon émotion avec vous.

Le documentaire, soyons sincère, c’est parfois très nul et très chiant et je dois vous dire que ce docu sur Amy Winehouse donc, cette chanteuse de jazz / soul à la voix « hors norme » disparue trop tôt, à l’âge de 27 ans, au top de sa carrière en Juillet 2011 dernier, des suites d’une vie faite d’abus en tous genres était projeté à Cannes lors du festival de Mai dernier sans pour autant que je m’y intéresse de vraiment très près.
Je ne sais pas, c’est ensuite, dernièrement que l’envie de le découvrir s’est manifesté.

J’ai découvert au travers de ce portrait sans concession l’âme d’une jeune femme blessée, écorchée par la vie et par la désunion de sa famille qui a sans cesse lutté contre les démons qui ne la laissèrent jamais tranquille.

Le plus de ce documentaire ? Laisser Amy nous parler. Car au fond, qui mieux qu’Amy elle même peut nous parler d’elle ? Sa voix résonne, ses mots et les termes qu’elle emploient pour signifier son enfance, son amour pour la musique, pour ceux qu’elle appelle « ses idôles », pour le jazz et son aversion pour la célébrité.

Car au fond oui, les tabloids se sont déchainés sur elle, sur ses frasques mais qui a véritablement parlé d’Amy ? Qui peut se targuer de connaitre son parcours, ses références ?..

Amy Winehouse était une femme fragile, abîmée par un passé triste et par un présent qui ne cessait de la replonger dans ce passé noir. Un cercle vicieux qui, comme bien souvent, fut une source sans fond de création (elle écrivait tous ces textes) et se basait sur ces déboires pour créer ses oeuvres merveilleuses teintées à la fois de mélodrame, de passion, de rage, de dépendance et de lâcher prise.

Car oui, s’il y a bien des moments où elle lâchait prise c’est justement lorsqu’elle était en studio (voir et revoir, écouter et réécouter cet extrait qui passe en boucle où Amy chante back to black en live dans le studio d’enregistrement avec Mark Ranson), lorsqu’elle s’exprimait par le biais de la musique et de ses chansons.

Ca me donne des frissons rien que d’écrire ses mots. Le réal de ce docu a parfaitement pu ressortir cela sans pour autant verser dans le mélo ou le racollage. A chaque fois que l’on arrivait à un passage qui frisait le racollage et l’effet « tabloid », hop l’image et le récit passaient à autre chose comme pour nous permettre de suivre Amy dans son sillon où tout allait à la fois vite et très lentement.

Enfin Amy Winehouse c’est l’histoire d’une femme qui ne se sera jamais aimée. C’est pourquoi les mots de Tony Bennett résonnent bien longtemps encore après les avoir entendus.

« Take care of yourself, you’re so important. Life teaches you how to behave if you give it some time to do it »
(Prends soin de toi, tu es si importante. La vie te donne les codes pour peu que tu lui en laisses le temps)

Au final, ce documentaire m’a tant ému pour la vérité qui s’en dégage. Amy n’était rien d’autre qu’une femme douée, terriblement douée, travailleuse et qui avait parfaitement trouvé la voie qui était la sienne. Cela dit, un manque terrible de confiance en elle mêlée à une trop forte envie de destruction l’ont éloignées de ce chemin (personnellement la fameuse vidéo d’un de ses derniers concerts où, trop défoncée, elle est incapable de chanter me fend le coeur, je suis incapable de la regarder).

Vraiment, les paroles de Tony Bennett résonnent, de même que ce regard de chat appeuré qui était celui d’Amy, cette gamine des quartiers popu de Londres… C’est tout de même un fond de tristesse qui me revient.

Amy me laisse cette voix envoutante, ces musiques de qualité et cette soul sans commune mesure. Elle me laisse également l’envie de me faire confiance et de me donner les chances d’aller de l’avant. Quoique je puisse dire, oui elle a vécu son rêve, elle a écrit, chanté… mais à quel prix ? Même sous couvert de génie et de passion artistique, c’est trop triste de mourir à 27 ans.

Allez, bel été à tous. Back to summertime !