Il émane de ce film une douce mélancolie. C’est sans doute ce que je garde en premier lieu de cette fiction très bien documentée…
Si bien documentée qu’elle donne parfois le sentiment de regarder un film avec Luchini, sur Luchini.
Car le film raconte l’histoire de Robert Zuchini, comédien de théâtre qui passe ses soirées à lire Hugo face à un public charmé. Jusqu’ici, tout ressemble à s’y méprendre à l’histoire véritable de Luchini.
Mais il faut compter avec les talents d’écriture de la déjà regrettée Sophie Fillières, au scénario et aux dialogues, et avec celui de Pascal Bonitzer, père de ses enfants, qui signe ici la réalisation. Il nous confiait hier, lors de la présentation officielle du film à la Cinémathèque, avoir eu le sentiment « d’accoucher » Sophie Fillières, et d’avoir ainsi donné naissance à leur troisième enfant.
Sans en faire trop, le film est une sorte de petit délice, à la fois d’espièglerie… et, étonnamment, de retenue.
Un terme surprenant lorsqu’on parle de Luchini, connu non pour ses frasques mais pour son expansivité notoire.
Ici pourtant, il se révèle touchant de vulnérabilité : toujours un peu à côté, attentif, à l’écoute. Et oui, délicat aussi dans la manière de partager ses connaissances.
Une sorte de passeur, finalement. Quelqu’un qui cherche véritablement à transmettre un peu de son savoir et qui nous rappelle l’urgence de poser un regard sincère et concerné sur ceux qui nous entourent.
La vie est ici et maintenant. Il faut la prendre tout entière…
Les livres, les penseurs, les grands écrivains sont là pour nous y aider.
