Quel calvaire !
Rien ne va dans ce film.
A moins que ce soit le sujet du film qui m’a irrité. Non : c’est bel et bien le film en lui même, et tout ce qui l’entoure et l’accompagne.
Le sujet en lui même est bel et bien un bon matériau cinématographique en puissance. Filmer, donner à voir, et rendre évident l’engrenage et la puissance manipulatrice des coach en tout genre qui pullulent sur les réseaux et vendent leur méthode pour nous offrir le rêve de devenir une meilleure version de nous même.
Le challenge est grand mais en voilà un sujet qui mérite d’être traité, étudié tant il fait des ravages. Coachs sportifs qui te promettent un corps de rêve en quelques semaines, coachs aux relents masculinistes qui te donnent la formule pour bien « tenir ta femme » et imposer le respect, coachs spirituels qui te vendent la promesse d’une paix intérieur retrouvée… L’offre est bien diversifiée.
A l’heure où l’humain est en perte évidente de repères ces influenceurs ont flairé le bon filon : il faut redonner de la foi au peuple ! Et ca coûte ! Le sujet est fascinant et mérite la plus grande des attentions tant les ravages sont grands.
Pourquoi alors le film que j’ai vu m’a t-il semble aussi grossier, lourd et surtout : creux ?

Peut-être déjà, n’en déplaise à beaucoup, du fait du manque de charisme de l’acteur principal, reconnu et aimé de tous et pour qui j’ai de grandes réserves.
Il faut pouvoir incarner l’influence, l’emprise et Pierre Niney n’y parvient pas à mon sens. A aucun moment il ne m’a emportée, galvanisée par ses mots, ses intonnations qu’elles soient douces ou criardes.
Et puis c’est la réalisation en elle même, qui tente une montée en puissance, une sorte de « rise and fall » qui voudrait que le personnage aille vers la perversion la plus totale et la perte d’humanité… Mais là encore, le résultat escompté n’est pas au rendez-vous : l’incarnation n’est pas assez puissante, le texte peut-être mal écrit je ne sais pas, mais ça ne prend pas aux tripes et ça tombe même à plat tant ça frise l’agacement le plus total
Il eu fallu plus de travail ou plus de don de soi du fait du réal et de l’acteur principal, pour donner vie, donner à ressentir l’influence réelle d’un gourou. L’objectif est sans aucun doute dense et difficile.
Il semble ici que la forme ne parvienne jamais à servir le fond, son sujet.
