L'amour de la belle vie

L’amour de la belle vie

Je n’ai de cesse de réaliser et de partager ici à quel point le cinéma a un ancrage certain dans nos vies. Un ancrage tellement puissant qu’il nous donne à découvrir, comprendre, ressentir ce que le monde a à nous offrir et met à notre portée. Bien évidemment le cinéma n’est pas la vie mais sans aucun doute l’un de ses plus beaux reflets.

Je ne viens vous parler d’aucun film en particulier dans ce post mais vous comprendrez aisément que chacun des films dont je vous ai parlé jusque-là est bel et bien présent dans ce post tant le cinéma est au cœur de la vie de la cité, de la vie de nos sociétés et de notre monde.

Vous me voyez venir, je vais dans cette phrase que je commence, faire écho à la triste et terrible actualité. Cette actualité qui nous force à côtoyer des frustrés, des ignares « des sombres raclures » comme les appelait si justement Sophia Aram lundi matin sur les ondes. Les insultes (si soft soient elles) font du bien, permettent de faire sortir cette rage mêlée à la peur qui est en nous. Mais soyons en surs, ne servent pas à grand-chose non plus.

Ils s’en prennent à notre mode de vie, impie, disent-il. Plus que me coller la peur au ventre, cette idée me met en rogne. S’il y a une chose que je sais et que l’on m’a inculquée, c’est bien l’importance d’annihiler toute volonté de jugement. Ce jugement si facile à porter envers qui que ce soit. Qui sont-ils ces gens pour oser critiquer nos styles de vie ? Qu’ils fassent le choix de renoncer à tout, de vivre sans amis « entre frères », dans la frustration et la haine les regarde.

Laissez-nous les rires de nos soirées passées entre amis ou en famille. Laissez-nous ces sorties culturelles qui ouvrent nos esprits. Laissez-nous cette musique qui élève nos pensées et résonne dans tout notre corps. Ce corps, sans pour autant l’exhiber, dans lequel nous aimons tant nous mouvoir. Laissez-nous la vie qui, personnellement, m’est chère. Cette Vie que je chérie et respecte, qui m’a été donnée et dont j’espère être digne chaque jour.

Égoïstement je dois l’avouer, je suis rassurée de savoir que personne dans mon entourage proche n’ait été touché. Avec ces quelques jours de recul je me dis que cette foudre qui est donc tombée non loin de nos têtes doit nous rappeler à quel point nous sommes (étions ?) chanceux d’être nés, d’avoir grandi et de vivre dans une société dépourvue de guerre. Nous devons en mesurer la chance et aujourd’hui élever nos consciences pour aller de l’avant et s’ouvrir au monde qui nous entoure, comprendre que nous avons des clés en main et surtout surtout réaliser l’importance d’avoir une ou des opinions, trouver notre place dans cette société. L’éveil des consciences…

Enfin, sans donner un sens politique à ce post (mais bon je le fais tout de même car j’en ai encore le droit et puis ça me brule les doigts), je dis ici ma crainte pour l’avenir, mon effarement face aux décisions prises et face à l’absence de toute réflexion sur le replacement de la culture et de l’éducation (sous toutes ses formes) au cœur de tout projet politique. Qu’on me taxe de « novice » ou de « naïve » mais ça me tord les boyaux que de savoir qu’à Beyrouth, Gaza, Jérusalem, Paris ou partout ailleurs sur cette Terre de sombres personnes tentent de désorganiser nos vies, tentent de nous empêcher de vivre comme nous le souhaitons et ce, pour une vulgaire affaire de haine, de guerre, de ventes d’armes et d’arsenal de guerre, de pétrole et je ne sais quoi encore.

Alors oui, comme beaucoup de gens dans cette ville – cette ville que j’ai choisie il y a plus de 14 ans désormais et qui m’apporte chaque jour son lot de joies et d’émerveillement – et sur cette Terre, j’en arrive à avoir peur, je l’avoue, mais je refuse que cette peur se cristallise en moi. Alors hier j’ai bu un verre en terrasse, je suis rentrée en métro et demain j’irai au cinéma. Et je refuse que ces activités et actions deviennent des actes militants face à la barbarie de quelques dégénérés (oui je juge pardon). Cela restera mon quotidien et ma vie.

Car la vie est là et Paris est une fête !

 

« Nous pensons que, face à l’obscurantisme, à la terreur, à l’indicible, le cinéma est là pour ouvrir un dialogue. Il nous permet dans des moments difficiles de regarder le monde tel qu’il est. Et nous sommes certains que reculer aujourd’hui, c’est capituler demain. »

Merci Télérama pour vos bons mots.

crédit photo Andrea Savall.