La dark side des Brangelinas

La dark side des Brangelinas

Un homme, une femme fendant les routes du sud de la France au volant d’une belle décapotable… le soleil et le mer à l’horizon.

Ça fait rêver ! Et l’on s’attend donc à une suite sensationnelle de chaleur, de rires, de joies et de bonheur estivaux.

Et bien détrompez-vous ! Dans l’univers d’Angelina Jolie, le monde qui nous entoure est beau mais parsemé de douleur, de haine et d’amertume.

L’histoire nous emmène donc dans le quotidien des Jolie Pitt qui ont posé leurs valoches dans un hôtel charmant de Provence. Elle, ancienne danseuse, lui, écrivain… tous les deux personnes à succès ont vécu, autrefois, leurs moments de bonheur. Cette période est révolue, lui picole et elle reste au lit et ce, du matin au soir. Welcome dans le monde merveilleux de Roly et Nessa (interprétés donc par Brad Pitt et Angelina Joli).

Le tout est d’une lourdeur et d’une lenteur palpables. Il ne se passe strictement rien. Brad part au café du coin dès potron minet – café hôtel tenu par Niels Arestrup (charmant et touchant malgré une direction d’acteurs morne) et Richard Bohringer – dans le but de griffonner quelques lignes mais y reste au final jusqu’au soir pour s’enfiler gin, bières et whisky. Angelina, elle, sort acheter deux ou trois bricoles et prend parfois le soleil sur le balcon.

Tous deux papotent avec leurs voisins de chambre, un jeune couple tout juste marié, il leur arrive aussi de partir en mer pour la journée et de revenir au soleil couchant, comme c’est touchant…

Si le film se veut « nouvelle vague » tendance époque BB, le tout tombe systématiquement à plat. Angie cadre chaque plan comme si elle voulait enfermer le tout dans un cadre Instagram. C’est joli je ne veux pas dire le contraire mais sans vie, jamais.

Et que dire de cet angle voyeuriste choisi pour illustrer le renouveau et le regain de sexualité du couple ? Cela nous donne l’impression de nous poser nous aussi dans la position de voyeurs à leurs côtés et ce n’est vraiment pas un sentiment très agréable.

Et puis cette métaphore illustrée via le pêcheur qui part le matin et rentre à la nuit tombée n’est autre qu’une façon de nous dire qu’il faut nous laisser porter par la vie, par les tourments comme par les joies qu’elle nous offre, et je ne suis pas certaine de valider ce point. Bien évidemment, nous n’avons aucune emprise sur certains événements mais j’aime croire qu’en tous points je reste maître de mon destin et de ma vie.

Le tout donne au final une sensation de film people, en carton-pâte où jamais la mer – pourtant turquoise ni le soleil de Provence ni le charmant accent de Brad (qui parle français dans le film, oui tout de même), ne parviennent à nous réchauffer. Il s’agit d’une œuvre personnelle qu’Angie et Brad auraient pu garder pour leurs soirées d’hiver devant le feu de bois lorsque les enfants sont avec les nounous.

Je vous parle de ce film sur Séance Radio, jeudi 17/12 en live à 15h30. Le podcast sera ajouté à la rubrique « mes chroniques radio » sur le blog.