La cigale et la fourmi

La cigale et la fourmi

D’un côté celle qui a usé la vie par les deux bouts, fatiguée, en fin de course (sublime, rock et lumineuse Catherine Deneuve, ah quelle femme !), de l’autre la femme sage, sage femme (CQFD), mesurée, douce, en retrait, affairée à son métier – sa seule bouffée d’oxygène.

Une vie faite uniquement de plaisir(s) contre une vie faite de privation.

Et puis vient le moment de la croisée des chemins. Ce film, beau quoiqu’un peu plan plan, évoque cette Vie qui nous sépare, nous rapproche, nous renvoie dans nos pré carré, nous ouvre à sa beauté.

C’est surtout un film qui nous dit l’importance et la richesse de l’ouverture à l’autre. Cet autre que l’on ne comprend pas car il est si différent de nous, de nos pensées, de notre façon de vivre.

Ce film nous dit en fait qu’il y a de la vie dans tout brin de folie. Il y a de la joie et de la vie dans ce que certains perçoivent comme étant de la vulgarité ou un trop plein de liberté. L’important est d’avancer non masqué, là se situe le sens de la vie et la clé d’une existence largement et richement vécue.

Il faut au final donner du souffle à sa vie et ne rien subir – jamais – avancer quitte à se planter, hésiter parfois mais se lancer et ne pas vraiment se retourner. Oui, avoir à toute heure ce souffle que j’évoquais, semblable à cette toute première respiration que l’on prend et qui symbolise la naissance, le commencement, le jaillissement vers la vie.

Sous couvert d’un film ultra classique et un peu pépère disons le, le message passe notamment grâce au duo d’actrices superbes et tellement libres. Le film en lui même souffre d’un trop plein de sujets (l’aspect social du film passe totalement à la trappe : défense de l’hôpital public, difficiles conditions de travail des sages femme). Évoquons également ce duo amoureux qui ne fonctionne pas du tout à mon sens (Olivier Gourmet et Catherine Frot : où est passée l’alchimie ?).

Oui, le tout est bancal mais quelque chose passe subrepticement. La fugacité de la vie. La grâce aussi.