Wonder wheel

Wonder wheel

Les amis je suis de retour (merci les virus et autres bactéries d’un hiver pluvieux et malsain tout pourri) et j’ai renoué avec le cinéma par le pire des moyens.

J’ai osé aller voir le nouveau Woody. Comprenez qu’avec la polémique, cette sortie divise. D’un côté, ceux qui, choqués par les affaires qui ressortent jurent de ne plus jamais voir un seul film de Woody Allen et les autres, dont je fais partie, qui font la part des choses et savent faire le distinguo entre l’homme et l’artiste, ici l’homme de cinéma, le cinéaste.

Pour moi qui ai découvert le cinéma de Woody en 2004 avec Melinda et Melinda, aucune possibilité d’en manquer un. Chaque année, c’est le rituel, je pars à la découverte du Woody nouveau.

Si il eut clairement des fulgurances (Match Point sans doute l’un de mes films préférés, mais aussi Vicky Cristina Barcelona ou encore Blue Jasmine), il est clair qu’il eut aussi quelques fausses routes comme par exemple l’an dernier avec son Café Society devant lequel je me suis littéralement endormie, mauvais signe, cela ne m’arrive jamais ô grand jamais au cinéma.

Mais le cinéma de Woody Allen est grand, large, empli de curiosité de la vie, de moments d’échappement, d’envolées lyriques et de réflexion sur la vie, son immensité et son absurdité – ok toujours un peu les mêmes mais et alors puisqu’il trouve le moyen de toujours réinventer sa façon de traiter son sujet.

Voilà les raisons qui font que j’aime son cinéma. J’aime son cynisme et sa vision souvent métaphorique et parfois impudente de notre société.

Ce Wonder Wheel m’a énormément plu. Déjà, voir les lumières se tamiser avant le noir total qui a recouvert une jolie salle du Louxor… renouer avec ce sentiment si chaleureux après plusieurs semaines d’arrêt fut un grand bonheur.

Et puis ces personnages, aux confins d’un Blue Jasmine (l’excellente Kate Winslet qui lutte pour ne pas perdre pieds dans cette vie si minable et privée de sens) ou encore d’un Match Point avec ces intrigues et ces tentations et autres regards croisés.

C’est palpitant. Ca fait parfois mal au cœur de voir ces gens se débattre mais c’est un pan de vie qui se déroule sous nos yeux éblouis et que Woody orchestre à la perfection.

La lumière, oui, est parfois trop criarde, mais elle tient ce rôle de signifier le trop plein de drames et / ou de joie c’est selon le moment et ce jeu entre les couleurs bleutés et rougeoyantes est assez sublime.

Le tout sonne tout à fait juste et m’a emmenée dans les méandres de vies douloureuses sans pour autant que cela ne vienne me plomber le moral. C’est là la force de Woody : parvenir à nous entrainer véritablement dans les difficultés de vie de ses personnages tout en gardant une once de légèreté qui semble vouloir nous dire que nul ne sert de se mettre la rate au court bouillon (ce n’est pas la mode des expressions désuètes ?!). On connait tous la fin du conte, alors mieux vaudrait faire de cette vie une fête, une foultitude de joie.

Et le message passe. Woody nous donne alors envie de chasser nos névroses et de vivre librement et paisiblement. Ne serait-ce que pour donner l’exemple ?