Viser les étoiles

Viser les étoiles

Le voilà le film qui enchante nos yeux, nos oreilles, notre cœur. La La Land est la pépite dont tout le monde vous parle. A juste titre.

Je l’attendais depuis octobre dernier, je n’aurai eu la chance de le voir que ce soir, soit à jour + 1 de sa sortie officielle dans nos salles (no comment) et, même si la mauvaise fois et l’envie d’aller à contre courant ne sont pas les premiers critères qui me caractérisent, je dois avouer que j’aurais aimé casser du sucre sur ce film encensé de tous, professionnels et amoureux du cinéma (non pas que l’on ne puisse être professionnel et amoureux du cinéma en même temps mais vous saisissez mon point).

J’en suis tout bonnement incapable. Au bout de 12 secondes chrono ce plan séquence qui ouvre le film m’avait déjà ensevelie. Ces couleurs, ce soleil (d’hiver californien), ces mélodies, cette vitalité… tout était déjà en place pour m’emmener.

Quel ne fut pas le chemin !

Cette œuvre est un hommage digne aux classiques du cinéma hollywoodien (Casablanca, Chantons sous la pluie, La fureur de vivre et j’en passe), ce film est une ode à l’amour – de la vie et de l’autre – qui vous porte vers le meilleur de vous même. C’est également et surtout un film de Cinéma qui ne s’apprécie pas à sa juste valeur sur un petit écran de smartphone mais se déguste en salle, au milieu de comparses. Du charme de l’expérience collective du Cinéma.

Voir évoluer ce duo, qui définitivement jouit d’une alchimie assez parfaite, est la plus belle chose que j’aie eu à voir depuis longtemps. C’est là toute l’essence de l’amour à mon sens : cet autre qui est là, vous regarde, vous aime, vous encourage, vous redonne courage, vous soutient, vous porte parfois, vous fait rire, vous inspire, vous tire vers le haut. Vers le haut de vous même.

J’ai ri notamment grâce au jeu de Ryan Gosling qui, depuis un moment déjà, nous prouve qu’il est définitivement, éminemment plus que cette simple gueule d’ange. Il a cette réelle capacité à nous extirper un sourire bien plus large qu’on ne l’aurait prévu. Cette aptitude à la dérision de lui même au fond.

La La Land c’est aussi et surtout cette caméra qui tantôt virevolte autour des personnages de façon parfois frénétique pour ensuite presque se poser sur leurs visages et sublimer leurs émotions

Et puis j’ai pleuré. Une émotion douce et belle dans la veine de cette douce et belle nostalgie qui étreint le film de bout en bout. C’est là toute la réussite du réal (qui signe également le scénario). Avoir fait un film de genre (une comédie musicale, autant dire un genre démodé et hors d’époque) placé au cœur même de notre époque. Le tout résonne, et claironnent aux fenêtres de l’écran toute les beautés de notre existence que nous ignorons par trop de précipitation et pas assez de cœur à l’ouvrage.

LA, Hollywood : cet eldorado qui aime tout et trop, sublime la moindre histoire sans pour autant la porter de bout en bout. Un monde de superficialité en somme.

Bien qu’intégralement imprégné dans cet LA / Hollywood là, La La Land est tout le contraire de cela. Tout comme Whiplash (qui m’avait époustouflée), La La Land est une ode au travail acharné, à la sueur, au courage, aux « frappages de portes ». La La Land est de ces tourbillons qui vous emportent et vous prennent par la main comme pour vous dire qu’il faut y aller, se lever, bouger, avancer, danser la vie, sourire et aller vers ce qui nous importe vraiment.

LA LA Land est une ode à la réalisation de nos rêves. Rien n’est trop grand dans ce monde que nous rendons souvent si petit par manque de courage.

Ton rêve le plus fou est à portée de main. Banale peut être cette parole mais dite en chantant et en claquetant, c’est époustouflant.

La La Land c’est, enfin, l’occasion de redire l’importance de l’art dans nos vies. L’argent oui, le confort social et matériel oui, mais ce que l’on donne à écouter à nos oreilles, la magie d’un accord qui résonne et la puissance d’un pas de danse ne feront que donner plus d’ampleur encore à une vie bien riche et remplie.

Place à la Vie !