Snow therapy

Snow therapy

Le film s’ouvre sur cet espace immaculé, blanc, pur et lisse. Nous sommes aux Arcs et la saison débute.

Nous est ensuite présentée, cette famille suédoise, archétype de la famille parfaite : un jeune couple de gens beaux, deux têtes blondes bien élevées : les clients parfaits pour un shooting photo réussi. Seulement voilà, ce Snow Therapy va s’attacher à réduire en miettes la perfection apparente de cette famille.

Le point de départ se fait lors du second jour de ski. Alors que la famille déjeune sur la terrasse panoramique d’un des meilleurs restaurants de la station, une avalanche vient les surprendre. Alors que la mère de famille n’a qu’une seule idée en tête : sauver ses enfants le père, lui, prend ses jambes à son cou et se carapate.

Au final plus de peur que de mal, l’avalanche est stoppée en bas du restaurant. Reste cependant à vivre avec la réaction du père difficile à accepter pour lui, sa femme et ses enfants.

Vous l’aurez compris, le film pose la question de la place et du rôle de chacun au sein du couple et au sein de la famille. Un père, autrefois appelé « chef de famille » devient-il un lâche au moment même ou il exprime sa peur ? Le film pose bien sûr la question épineuse qui est de savoir quelle serait notre réaction face à une situation traumatisante. Pas sûr qu’elle soit celle d’un héros à tous les coups. Mais plus que cela encore, le film questionne sur notre capacité à assumer nos lâchetés, nos faiblesses et nos manquements dans une société où les seules valeurs tolérables sont celles du pouvoir et de la réussite. Halte aux faiblards et autres trouillards : il faut pouvoir assurer et c’est parfois lourd à porter sur les épaules.

J’ai trouvé le pitch de ce film vraiment intéressant, simple certes, mais peu commun. Le film ne m’a pas déçu une seule seconde. Il est en effet d’une intensité rare et vraiment forte alors qu’on ne peut pas dire que l’action soit au cœur de cette réal. Il ne se passe pour ainsi dire pas grand chose : on suit cette famille, en vacances aux Arcs pendant une semaine. Mais c’est tout le délitement de cette cellule conjugale et familiale qui est au cœur du film et c’est brillamment mené.

Le réal a clairement réussi à créer une ambiance oppressante, un comble face à tant d’espace (les pistes de ski). Les acteurs sont franchement bons et le rythme du film va crescendo. On a sans cesse l’impression qu’une nouvelle catastrophe va se produire. Rarement le délitement d’une famille a été aussi bien porté à l’écran.

Le film sera sur nos écrans le 28 janvier prochain. Il a été présenté à Cannes en mai dernier dans la catégorie Un certain regard et a obtenu le prix du jury.