Se souvenir des belles choses // débrief ciné 2014

Se souvenir des belles choses // débrief ciné 2014

Bien sûr, je vais vous parler du Diamonds de cette bande de filles là, du choc ciné qu’a représenté le dernier opus de ce cher Xavier Dolan et de toutes ces pépites et belles découvertes qui ont fait vibrer et résonner 2014 . Je ne vais pas vous cacher non plus mes manquements de cette année comme Lucy ou encore Interstellar (chacun ses choix ciné !) ni ces quelques navets qui m’ont déçus si ce n’est énervés (dans un prochain post). Sur les quelque 83 films que j’ai vus cette année (oui quand même ! Soit une moyenne de 7 films par mois), on a de quoi échanger pendant un bon moment.

Mais 2014 tirera bientôt sa révérence et j’ai décidé cette année de faire plus concis (pas toujours mon fort la concision) et de ne garder que ma crème de la crème classée par saison.

Flash back !

Hiver

L’année commença assez chaudement avec la sortie de Nymphomaniac dont le premier opus (je reviendrai ultérieurement sur le second qui m’avait mise hors de moi) était une assez belle réussite dans le genre avec cette réflexion sur la sexualité, le désir, le couple. S’en est suivi ce qui valu à Matthew Mac Machin l’Oscar du meilleur acteur (mérité) pour son rôle dans Dallas Buyers Club et puis bien sûr cette révélation cinéma : 12 years a slave – souvenez-vous, ce film que je n’avais pas envie de voir… Ce sujet tellement difficile et ce film qui m’aura permis de réaliser à quel point le cinéma joue un rôle clé dans l’éveil des consciences lorsqu’il a un parti pris, un bon œil et beaucoup de retenue. Le décès tardif certes mais tout aussi déceptif d’Alain Resnais qui nous laisse un bien joli final avec cet Aimer boire et chanter vient nous redire l’importance de vivre toujours plus fort, c’est à dire en accord avec nos envies et toujours en cohésion avec le rire, la culture et le dynamisme dont il était l’emblème. Les vampires d’Only Lovers left alive sont sortis juste à temps avant la fin de la saison hivernale pour nous envoûter et satisfaire nos plus bas instincts cinéphiliques : très belle surprise que ce film dont l’ambiance m’accompagne encore parfois sans doute grâce au brio avec lequel sont filmées les deux villes clés de ce conte : Détroit et Tanger. Glaçant et tellement brûlant en même temps. Enfin, cet opus quelque peu passé à la trappe quoique brillant (comme toute l’oeuvre de son auteur) : Tom à la ferme dont la force de frappe m’a bluffée et annonçait clairement celle de son film suivant. Oui il est comme ça Xavier : deux films par an (dont un en compet’ à Cannes tout de même) sinon rien.

Printemps

Puis la douce saison revint avec son lot de jolies surprises dont ces films vus à Cannes lors du Festival qui furent, à nouveau, pour moi l’occasion de réaliser à quel point le cinéma tient une place prépondérante dans ma vie, rien de moins. Her et The Grand Budapest Hotel sont sans doute les deux films indé les plus réussis de cette saison : une vivacité et un stylisme maîtrisés au cordeau, une photographie sublime et colorée qui annonçait clairement le retour des beaux jours (ciné et saisonniers !) Eastern Boys ensuite a clairement rejoint mon top de ce cinéma français engagé et engageant qui prouve que bons nombres de personnes ici bas ont encore une vision, une volonté de parler différemment et de lever le voile sur les sujets de société qui peuplent nos journaux télévisés sans pour autant qu’on s’y arrête véritablement. Dans la cour nous a mis face à une Catherine Deneuve magistrale et de plus en plus puissante et douce à la fois (la magie du cinéma ?) dans un rôle sans doute difficile à aborder mais maîtrisé de A à Z. Les Frères belges, génies du cinéma social nous ont emportés avec leur Deux jours une nuit et ont offert à notre comparse Marion Cotillard (qui m’agace toujours autant par ailleurs) un rôle fort dans une mise en scène répétitive et tellement vibrante. Le Maps to the stars de Cronenberg nous a permis d’intégrer le monde si ce n’est malade, décadent d’Hollywood basé sur la corruption et cette recherche désespérée de Liberté : unique force libératrice dans ce monde abîmé et  condamné au chaos (toujours aussi léger le ciné de Cronenberg vous voyez !) Sans doute mon coup de cœur toutes catégories confondues ce Ptit Quinquin présenté à Cannes (une série pour Arte en fait) m’a enchantée, rien de moins. Il en émane l’essence même du cinéma : un réalisme, de l’humour et une honnêteté sans nom, qui feront date dans l’esprit des cinéphiles et autres téléspectateurs d’Arte ! Si ce n’est fait, je vous enjoins véritablement à découvrir cette pépite grotesque mais tellement vibrante. Cannes la suite, ce fût les belles découvertes de Timbuktu (le grand oublié du palmarès, actuellement à l’affiche : allez-y), le YSL de Bonello, La chambre bleueParty Girl qui ont clairement revigoré le cinéma français et puis bien sûr Bande de filles qui reste encore à ce jour l’un de mes gros coups de cœur 2014. La force de frappe de cette réal, de ces jeunes actrices, cet ancrage dans la société telle quelle est : c’est là tout ce que j’aime et ce que j’attends de notre cinéma hexagonal.

Eté

Le soleil et la chaleur qui va avec (ma saison préférée) nous ont ensuite régalés de tant de douceur et de jolie découvertes parmi lesquelles celles faites lors de l’un de mes rendez-vous ciné préférés de l’année (oui avec Cannes of course) : j’ai nommé le Festival de Deauville et cet Infinitly polar bear déniché par hasard et que j’ai hâte que vous découvriez. Bird people m’a emportée par sa magie si fortement ancrée pourtant dans le réel et le quotidien de ces personnes. Là encore, la belle magie du cinéma qui nous « fait décoller » en nous mettant face à des sujets tellement ancrés dans le réel de notre société. Tristesse club fut une jolie pépite indé française staring la nouvelle nouvelle vague du ciné. Les combattants ont marqué ma rentrée ciné avec cette belle énergie qui fit la force du film. Juliette Binoche (la grande) m’a clairement donné une leçon de cinéma dans le fabuleux Sils Maria.

Automne

La rentrée justement fût le théâtre de bon nombre de belles sorties parmi lesquelles Hippocrate, Gone Girl, Une nouvelle amie et plus récemment encore :  Qui vive, La French et NightCall qui dans des genres complètement différents montrent la diversité du cinéma et toutes ses facettes. Ces films qui montrent que l’on peut tout dire, tout montrer, tout penser, tout refléter, tout partager avec le cinéma. Et puis est arrivé Mommy et ce choc ciné. Cette ode au cinéma, d’une puissance sans nom. Film que j’ai vu, puis revu, puis revu à chaque fois avec cette sensation que le film m’immergeait de sa force et de sa vérité. Du cinéma comme ça, j’en voudrais chaque semaine. Pour tout vous dire, je m’arrête là tant j’ai l’impression de ne dire et répéter que des banalités face à un tel Film, un tel Cinéma.

 

Si 2015 est attendue par tous les cinéphiles comme étant une année si ce n’est charnière, en tout cas clé pour les grosses machines blockbusteriennes (le prochain James Bond, Jurassic Park, 50 shades of grey, Star Wars…) mais aussi plus « indé » (on attend le nouveau film d’Audiard à titre d’exemple, mais aussi celui de Tarantino, PTA…) il est clair que 2014 ne fut pas une petite année et que de belles pépites ont pointé le bout de leur nez. Il m’aura suffit de repenser à ce que j’ai pu ressentir face aux films évoqués dans cet article, aux échanges que j’ai eus avec vous ici via ce blog, aux conversations que j’ai eues IRL (dans la vraie vie) et à toutes celles que j’ai pu entendre au détour de mes trajets en métro, à la sortie des salles de ciné… Clairement, le cinéma fait partie de notre culture, de nos vies pour une majorité d’entre nous (qu’il se déguste dans les salles, en DVD, en streaming ou autre) et y tient pour sûr une place prépondérante.

Et si cette année 2014 détient une belle nouvelle, une seule alors oui, ça pourrait très bien être celle là.

Oui, vive le cinéma !

…/

ndlr : je n’ai choisi de mettre l’accent dans cet article (de ne nommer) que les films m’ayant vraiment marqué et plu cette année. Vous retrouverez mes « flops » dans un prochain article. Pour le reste, je vous invite à lire ou relire mes blog posts. J’y parle de tous les films que j’ai vus.