Mon inconnue

Mon inconnue

La comédie française est souvent décriée. Lourdingue ou trop peu novatrice, elle fait l’objet de critiques acerbes. A juste titre me semble t-il.

Hugo Gélin fait ici le pari d’une comédie romantique qui serait teintée de fantastique. Une idée si ce n’est saugrenue, assez nouvelle dans le paysage de la romcom made in France.

On prend plaisir, dès la scène d’introduction, à suivre le quotidien de ce couple dont l’amour fut scellé sur un banc d’école pour se révéler et se déployer dans un quotidien joyeux et finalement s’effriter face à l’adversité de la vie qui parfois désunit les plus amoureux.

Lui voit sa carrière d’écrivain-star à succès exploser alors qu’elle a fait le choix d’éclipser la sienne, pour mieux être à ses côtés ?

Vivre de frustrations n’est jamais anodin et vivre dans l’ombre de celui ou celle que l’on aime est plus que néfaste et nocif.

Leurs vies s’éloignent alors.

Dès lors, il (François Civil, que l’on voit dans tous les films français de ce début d’année !) n’aura de cesse que de reconquérir sa bien aimée.

C’est pur et joli et cette once de fantastique (il se retrouve dans une vie parallèle dans laquelle il est celui qui n’a pas réalisé ses rêves et elle est devenue une pianiste concertiste de renom) apporte au film une dimension toute autre.

Ce sont les seconds rôles qui m’ont surtout plu et qui, selon moi, méritent d’être salués. Benjamin Lavernhe en tout premier lieu. On l’a repéré dans Le sens de la fête en mari nerveux et stressé. On le retrouve ici dans le rôle du meilleur pote attentionné et amoureux éconduit. Il est juste à chaque instant et donne de l’envergure à son rôle grâce à une fraîcheur et à une innocence qui semblent vraies et pures. Il nous offre de surcroît une scène digne du Dîner de cons qui m’a ravie ! Camille Lelouche est assez hilarante en copine nature et loquace.

Cette romcom coche les cases de la réussite et distille une énergie contagieuse.

Jamais reconquête amoureuse n’avait été si périlleuse et fantastique ! Il fallait alors que tout change pour que rien ne change.