Les dérives du pouvoir

Les dérives du pouvoir

C’est d’abord sous les traits d’un homme de pouvoir arrogant et taiseux que se présente à nous cet Antoine Leconte (Laurent lafitte que j’apprends à aimer de plus en plus). Il dirige une chaîne de télé et ne manque pas de se prendre très au sérieux. Trop au sérieux.

Une femme  alcolo et lassée d’une vie faite de trop plein de richesses et de trop peu d’amour (Chiara Mastroianni qui m’agace toujours un peu mais joue le jeu, de la frêle bourgeoise paumée) et toute une ribambelle de sbires toujours prêts à lui cirer les pompes.

Bien évidemment une maîtresse dans le placard et quelques amantes de passages. Une vie tellement peu saine – dans tous les sens du terme – qu’elle le mènera rapidement vers l’accident qui le plongera dans un coma assez profond et long.

Lorsqu’il se réveille, plus rien n’est comme avant. Antoine a perdu tout pouvoir et chacune des personnes qui l’entourait jouit désormais d’une place sociale dans l’entreprise ou dans son quotidien familial, différente.

Il va alors devoir faire le ménage dans sa vie et revoir ses priorités.

C’est là le véritable point de départ du film qui je dois dire, a eu du mal à m’emporter au début. Sans aucun doute, cela est-il voulu pour évoquer ce trouble qui innonde la vie du chef d’entreprise, ces jeux de pouvoir qui se trament et puis très clairement, ce manque de vie prégnant.

Mais le suspense finit par l’emporter et l’intrigue m’a prise.

Qu’a t-il bien pu se passer pour que cet homme, puissant, au plus haut, dégringole de la sorte ?

KO évoque ainsi ces jeux de pouvoir, ce pouvoir tout court mais aux bras longs qui change les Hommes. Ce pouvoir qui permet à certains d’aller vers le meilleur d’eux mêmes ou de faire ressortir toute la chienlit qui est en eux. Ce pouvoir qui vous invite à rencontrer les plus belles personnes et vous offre les pires relations.

Dans le film, la boxe tient une part importante (à la fight club) comme pour illustrer le combat de la vie et l’importance à la fois de se sentir vivant et de se relever pour justement se prouver à soi même et aux autres (notre entourage qui révèle de nous tant de choses) que l’on rebat les cartes pour mieux repartir.

C’est au final une question bien plus complexe que pose le film : le pouvoir nous apparaît alors comme une sorte de monstre qui façonnerait les Hommes au point de les tirer vers le plus haut d’eux mêmes en se nourrissant du pire de leurs défauts et de leurs névroses.

En clair, le pouvoir tel que nous le connaissons et tel qu’il est vécu dans nos sociétés n’engendre t-il que des monstres ?

La question est posée.