Les comiques sont des gens tristes

Les comiques sont des gens tristes

J’aimerais aujourd’hui vous parler des 2 derniers films que j’ai vus : Un balcon sur la mer et Les émotifs anonymes.

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Un balcon sur la mer retrace l’histoire de Marc joué par Jean Dujardin, mari et père de famille qui va voir sa vie basculer par ses retrouvailles avec son amie / amour d’enfance.

Sa vie qu’il pensait bien établie va s’écrouler en morceaux, sans qu’il ne parvienne à en reprendre le fil.

Ce film dont le titre intrigue vaut surtout par l’interprétation de Jean Dujardin que nous connaissions sous les traits du comique qui nous fait rire depuis quelques années.

Il trouve dans ce film un rôle tragique, profond qui lui va parfaitement bien.

J’ai toujours pensé (c’est d’ailleurs un fait) que les comiques sont en fait les gens les plus sensibles du monde et que le tragique leur va comme un gant.

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Je ne trouve pas de personne plus touchante que Benoit Poelvoorde par exemple (mais nous en reparlerons plus tard).

Dans un balcon sur la mer, c’est justement cela qui m’a touchée : la force dramatique qu’exprime Jean Dujardin. Notamment dans cette scène où lui et sa femme recoivent des amis chez eux. Jean Dujardin est comme un fou sur la piste de danse comme pour exorciser la douleur et la frustration qui le rongent. Il finit par évoquer son enfance enfouie avec sa femme qui lui fait remarquer qu’il n’en avait pas encore parlé jusque là. J’ai trouvé cette scène très puissante et forte : l’instant ou tout s’écroule et surtout l’instant où Jean Dujardin affirme et avoue avoir batti sa vie sur des faux semblants et des mensonges. Car tout ce que nous enfouissons au plus profond de nous… n’est-ce pas des mensonges ?

Jean Dujardin relève donc à mon goût, haut la main ce défi de jouer autre chose que du registre comique.

Il fait preuve de prestance, de puissance et de présence.

Tout comme Benoit Poelvoorde qui est plus touchant que jamais dans Les émotifs anonymes.

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Je n’en ai d’ailleurs pas encore parlé sur ce blog mais BP est un de mes acteurs préférés, une personnalité qui me touche beaucoup.

Déjà Entre ses mains est un des films favoris de ma DVDthèque. Le duo BP / Isabelle Carré fonctionne à merveille. J’ai même du mal à vous parler de ce que je ressens quand je vois ce film. Là, précisemment on peut parler de puissance du jeu, de magnificence des acteurs.

Cette tension menée tambour battant et surtout menée creschendo durant tout le film : c’est tout simplement du pur géni !

Donc, c’est avec ce film qu’est véritablement né mon amour pour BP que je trouve toujours juste, toujours troublant de sensibilité.

Dans Les émotifs anonymes, il joue le rôle d’un patron reputé « difficile et dur » qui en fait est un grand émotif et est incapable d’exprimer un sentiment.

Il y est très touchant et là encore, joue avec beaucoup de sensibilité et de justesse.

On retrouve avec beaucoup de plaisir le couple BP / Isabelle Carré car on sent qu’il existe vraiment quelque chose entre eux, un réel lien.

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J’ai lu un article qui parlait justement de ce lien cinématographique qui existe entre eux et BP parlait du fait qu’ils leur est impossible de s’embrasser. Déjà dans Entre ses mains, on sentait bien la tension entre eux et j’ai retrouvé cette même atmosphère dans Les émotifs anonymes.

Comme une gène…un acte anormal à pratiquer.

Toujours est-il que j’ai tendrement aimé ce film qui a des faux airs de comédie à la Mary Poppins. Je me suis laissé enchantée par ces personnages tellement touchants de maladresse.

Alors oui, je pense pouvoir conclure en disant que les gens qui nous font le plus rire sont bien souvent des écorchés vifs, les gens les plus sensibles qui soit.

Retrouvez ici quelques extraits d’un balcon sur la mer et des émotifs anonymes :