L'amour

L’amour

Claude Lelouch est sans doute au cinéma d’amour comprenez à la comédie romantique, ce que la Tour Eiffel est à Paris ou encore la baguette et le vin rouge aux Français. Une sorte de fantasme et de cliché. Un peu chabadabada dans l’âme

J’ai le sentiment que la rom com à la française est symbolisée par Lelouch. Un homme, une femme, un train qui part ou qui arrive, la pluie qui tombe et puis cette caméra qui tourne et qui vole pour se poser, enfin, sur ces amoureux qui s’embrassent.

A moins que ce soit juste mon fantasme à moi et ma perception. Car il est vrai que Claude Lelouch est un nom qui résonne et que je reconnais sans pour autant avoir vu beaucoup de ses films. Un seul au compteur, ce Roman de gare il y plusieurs années lorsque je commençais véritablement à aller au cinéma. Film d’ailleurs qui m’a marqué par cette atmosphère à part.

C’est bel et bien cette même atmosphère que j’ai retrouvée dans Un plus une, une ambiance qu’il m’est d’ailleurs difficile de décrire et c’est justement, je pense, le propre de ce film : évoquer le sentiment, les non dits, les pensées, les envies et tout ce que notre corps et notre esprit disent de nous et pour nous sans pour autant que nous puissions trouver des mots pour cela.

Moi si pragmatique et pas vraiment portée sur l’ésotérisme, j’ai trouvé ce film d’une humanité et d’une puissance vraiment très fortes.

Jean Dujardin et Elsa Zylberstein sont éblouissants, je sais que je suis assez enthousiaste de nature mais je pèse mes mots. Ils sont armés de naturels mais l’on sent bien qu’ils donnent tout, qu’ils se donnent corps et âme à leur rôle. L’alchimie se fait et une belle énergie émane de ces décors sculptés dans une Inde lumineuse et colorée.

L’énergie qui circule entre cet homme et cette femme est palpable, la caméra a réussi a toucher du doigt le « faux réel » de cette relation.

Oui je pense que c’est justement ce qui me plait dans le cinéma de Lelouch : on sait à chaque instant que nous sommes au cinéma. Tous les indicateurs du cinéma et du factice sont au vert – que ce soit la musique, le mélo, les décors voire même certains dialogues – mais le tout est tellement empli de vie, de souffle et de réalité que l’histoire qui nous est contée, résonne comme rarement.

C’est sans aucun doute là que se situe l’énigme de l’équation du cinéma de Lelouch : un + une = l’Amour sous toutes les formes qu’il peut avoir, là en l’occurence, celle du cinéma bien fait.