Grand Prix Cinéma ELLE - jour 1

Grand Prix Cinéma ELLE – jour 1

Voilà j’y suis. Confortablement installée dans mon fauteuil du cinéma les Fauvettes et prête à visionner 8 films sélectionnés par la rédaction de ELLE que nous devrons noter, desquels nous débaterons pour au final n’en élire qu’un, celui qui recevra le sceau du Grand Prix Cinéma ELLE version 2017.

Si cette expérience a le grand avantage de nous montrer en avant première des films de tous genres, elle est aussi l’occasion de faire de nouvelles rencontres de cinéma et de se réjouir de la vitalité de ce dernier.

Embarquez donc, je vous refais le film !

Le tout premier film visionné est L’atelier. Bonheur donc puisque je l’avais manqué à Cannes en mai dernier et ai encore en tête cet échange tellement intéressant et profond entre Guillemette O de Télérama et Marina Fois dans une émission de radio écoutée cet été.

L’atelier est le nouveau film de Laurent Cantet qui avait eu la Palme d’or pour Entre les murs. Cette fois encore, il a écrit ce film à quatre main avec son acolyte Robin Campillo que l’on ne présente plus avec le succès du grand 120 battements par minute.

L’atelier est à l’image de son réalisateur, du moins de son écriture et de son œil. Un film qui sait regarder et voir les gens, les jeunes surtout. Il sonde une fois encore les inquiétudes, les non dits, les incertitudes et les incompréhensions d’une jeunesse parfois malmenée par la vie, ou encore perdue.

Ici, l’intrigue se déroule à La Ciotat qui est un personnage du film à part entière. Au même titre que le vent qui souffle et ce soleil qui inonde souvent la pellicule. À ce titre, j’ai noté la beauté de ce plan à la David Hockney dans lequel l’on aperçoit la silhouette du jeune homme (formidable et intriguant derrière ce masque qui cache ses sentiments et encore plus ses pensées, dans ce tout premier rôle) en train de nager.

Marina Fois – parfois énigmatique et à chaque instant tellement vraie et profonde – est une romancière qui anime un atelier d’écriture réservé à un petit groupe de jeunes désœuvrés, en réinsertion.

Ensemble – puisqu’il est question de groupe (comme toujours chez Cantet et Campillo) ils décident d’écrire un polar noir.

On assiste alors à une montée en puissance à l’image de la montée en puissance de l’intrigue de leur livre. La connexion entre les membres du groupe est forte et riche de ce que chacun y apporte de son histoire personnelle et de sa personnalité.

C’est au final un questionnement sur l’ennui. Sur les pulsions et les non dits. Sur le pourquoi des horreurs perpétrées dans nos villes et villages. Le Bataclan, Nice sont au cœur des échanges.

Sans forcément chercher à apporter des réponses à tout prix, Cantet cherche à montrer que l’ennui et le désœuvrement sont à l’origine du mal, des excès de violence. Il sonde comme peu savent le faire les pensées de ceux qui n’en disent pas trop.

Son film et les propos qu’il défend résonnent et apportent des éléments de réponse aux questions que l’on se pose sur la violence qui étreint certains jeunes paumés que l’on a jamais cherché à écouter. Sans jamais imposer une vision ou une idée.

De la délicatesse de poser sa pierre à l’édifice de la réflexion face à laquelle toute notre société est confrontée.

Mention spéciale pour cette scène (dont je ne vous révèlerai rien), filmée de nuit, où la tension est à son comble. Ce chignon, cette pleine lune, cette falaise… un rendu très Hitchcockien. Sublime.

Dans mon top 3 des films visionnés. Brillant.

 


Changement de décor pour ce film que j’attendais également qui signe la rencontre entre la grande Catherine Deneuve et le sexy (pardon mais oui !) Nekfeu ici dans son tout premier rôle.

Que vous dire et comment le dire. C’est affligeant. Oui je me permets.

Le réal que nous avons vu avant la projection en avait plein la bouche de nous dire à quel point il aimait les femmes, les regarder, les filmer et puis Catherine, et puis ce jeune Nekfeu dont il avait aimé les idées et la construction de pensée à la lecture d’un papier paru dans Les Inrock.

Je ne sais où est née la faille mais rien ne fonctionne dans son film. Je n’en veux même pas aux acteurs qui font leur possible (oui même Catherine qui ne brille pas vraiment tant elle est enfermée dans un carcan) mais au réal qui laisse ses acteurs en roue libre de surcroît avec un scénario franchement fébrile et peu délicat.

Tout est caricatural au possible. C’est affreux.

Dieu sait que j’aime les histoire de bourgeoise et de voyou. C’est cinégénique et passionnant. Et ça prend aux tripes.

Voyez vous , ici, c’est plat et ronflant et vulgaire.

Catherine Deneuve dont j’ai lu qu’elle gonflait un peu à incarner le même personnage film après film (moi je l’aime, je m’en fiche et elle apporte toujours un petit quelque chose en plus) a dans ce film de très belles lunettes de soleil (que voulez vous, il a bien fallu que je me raccroche à quelque chose) mais est filmée sans grâce, sans aucune délicatesse à l’image de certains hommes qui se permettent de passer leurs sales pâtes sur le visage d’une femme.

Navrant.