Grand Prix ciné ELLE : round 2

Grand Prix ciné ELLE : round 2

Avec ELLE, le moins que l’on puisse dire c’est que les séances s’enchainent mais ne se ressemblent pas. Point de monotonie à l’horizon ! La sélection proposée est définitivement colorée, vivante et donne matière a discussion. Que demander de plus ?

Cette seconde journée commença donc à 9h par un petit déj fort apprécié. Pas le temps de s’appesantir, cela dit, que la première séance du jour débutait.

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C’est à la rencontre de Gabrielle que nous sommes allées. Gabrielle est une jeune femme de 22 ans, elle a une vie sociale très riche, côtoie pas mal de monde, est très proche de sa grande soeur qui la prend sous son aile, fait partie d’une chorale au sein de laquelle est s’investit. Gabrielle est une jeune femme bien dans son âge qui cherche à vivre sa vie telle qu’elle l’entend, dans une société dont elle apprend à déchiffrer les codes.

Oui mais voilà, Gabrielle est handicapée mentale, vit dans un centre et n’évolue (à l’exception de sa soeur et de sa mère, dont elle n’est pas si proche) qu’au sein d’autres handicapés. Tout va bien dans le meilleur des mondes jusqu’au jour où Gabrielle et Martin tombent amoureux.

Ce très joli film québéquois (staring Robert Charlebois, forcément !) pose la question du couple, de la vie à deux et de la sexualité entre personnes handicapées.

J’ai été touchée. Disons le clairement, j’ai pleuré du début à la fin (avec des larmes qui coulaient jusque dans mon cou !) mais pas dans le mauvais sens du terme. Comprenez, je n’aime pas le sentimentalisme exacerbé au cinéma. J’aime être émue, ça oui mais pas tant pleurer comme une madeleine. Je déteste avoir l’impression que le film, le réal « me demande », m’invite à pleurer… Non, ce ne fut nullement le cas avec ce film qui parvient toujours à trouver la limite de l’indélicatesse.

Oui, c’est cela : Gabrielle nous met face à une réalité, nous emmène dans son monde sans pour autant que nous nous y sentions étrangers ou à part.

C’est en cela que j’ai accepté toutes ces larmes car elles n’étaient pas le résultat d’une gêne ou d’un malentendu mais simplement d’une émotion pure et belle.

J’ai aimé prendre part à la première belle histoire d’amour de cette jeune femme pleine de vie et d’enthousiasme.

Seulement voilà, le film nous rappelle qu’à l’image de nos villes, de nos sociétés bruyantes (très belle scène que celle ou Gabrielle décide d’aller à la rencontre de Martin, seule) la vie est un amoncellement de dangers, d’obstacles qu’il faut parvenir à surmonter.

Concernant Gabrielle il y a fort à parier, qu’entourée comme elle l’est et avec la gouaille et le caractère dont elle fait preuve, elle ira loin, au moins au bout de ses rêves. C’est déjà pas si mal !

 

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The lunchbox est mon coup de coeur. Il raconte les échanges épistolaires d’une jeune femme délaissée par son mari et un homme veuf proche de la retraite, qui n’attend plus rien de la vie.

A l’heure du tout internet il est bon et beau de remettre l’écriture au goût du jour. Ce film indien est, je trouve, l’essence même du cinéma. Il fait se rencontrer deux personnes que tout oppose et qui n’auraient jamais été amenées à se rencontrer dans la « vraie » vie. Cet homme d’abord, que l’on sent lassé par la vie. Cet homme qui semble avoir tout vu et qui a, depuis longtemps, renoncé à ressentir le moindre battement de son coeur. Et puis cette femme. Jeune mariée et jeune maman qui s’ennuie comme un rat mort dans sa cuisine et qui rêve de pétillement, de joie et d’amour.

Une erreur de livraison va leur permettre de se rencontrer par le biais de ces lettres qu’ils échangeront de façon régulière. C’est tendre et émouvant de les voir, chacun, revenir à la vie. Croire en un avenir meilleur, croire en la possibilité de goûter, à nouveau, au bonheur.

A l’image de cette vieille femme qui n’apparait jamais dans le film et dont on entend que la voix, on aime être la petite voix intérieure de cette jeune femme et lui susurrer : « vas y, ose ! le bonheur t’attend… »

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The immigrant est sans aucun doute le film qui a le plus divisé le public. Alors oui Marion Cotillard est agaçante avec son expression et demie et son regard qui s’embue à chaque instant. Oui, on a du mal à comprendre qui de ces deux hommes elle aime et si, d’ailleurs, elle aime qui que ce soit (mis à part sa soeur, ça on l’a compris qu’elle aimait sa soeur)… Oui, on est en overdose de cette couleur sepia qui orne tout le film… Oui, la dépression nous guette à l’issue de la projection. Oui, oui, oui.

Cela dit je peux tout de même puiser dans ce mélo quelques sujets intéressants parmi lesquels : la notion de conscience.

Ce film pose la question de savoir s’il est possible de se relever après avoir vécu les pires déconvenues et en ayant l’impression d’avoir souillé son âme (l’expression n’est pas trop forte, c’est vraiment vers cela que le film nous entraine). Il y a donc quelque chose certes, mais l’ambiance est beaucoup trop pesante et presque agaçante par moment pour en retirer quelque chose de vraiment positif d’un point de vue cinématographique.

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Nous avons ensuite quitté Ellis Island pour nous diriger vers Brooklyn et South Park Avenue… bref nous sommes « entrés » dans New York et ce fût un vrai plaisir.

Cette joyeuse pagaille qu’est le Casse tête chinois de Klapisch est une pure réussite. C’est avec une vraie joie que j’ai retrouvé la bande de Xavier 11 ans après l’Auberge espagnole. Je vous rassure, c’est toujours autant (si ce n’est plus) le bordel dans sa vie, pour notre plus grand bonheur !

Klapisch filme New York comme s’il filmait la femme de sa vie ! Il est clair qu’il a un amour fou pour cette ville. Il filme Romain Duris avec une bienveillance qui force l’admiration. Ce film est donc le troisième et dernier volet de cette trilogie qui avait débuté à Barcelone et nous offre une belle leçon de vie. J’allais ajouter « de vie moderne » mais cela aurait été réducteur.

On aime voir Xavier se poser des tas de questions, galérer, perséverer, douter, tomber, se relever… On y croit complètement puisque c’est notre vie à nous aussi… Les acteurs (Cécile de France et Romain Duris en tête) sont très bons, toujours justes. Le film parfait pour clôturer cette journée riche en émotions, en discussions et en découvertes.

Quelle richesse d’échanger avec les autres jurées. Il est clair que le cinéma nous donne toutes les billes nécessaires à des conversations enflammées.

De Montreal, à New York en passant par Bombay… Le cinéma nous fait définitivement décoller et voyager, merci ELLE !