Fugitifs

Fugitifs

Ah ce couple mythique ! Gérard et Catherine, Catherine et Gérard. Découverts à l’écran ensemble sous le regard bienveillant de Truffaut, réunis par Téchiné dans Les Temps qui changent (un film que j’adore et qui filme Tanger à merveille) et plus récemment encore par Ozon dans Potiche. Bref, un couple qui inspire les cinéastes et le public.

Certes, il y ont une aura. Indéfinissable, de l’ordre du mystique presque. Ce deux là englobent, font fondre, illuminent, révèlent et réveillent la caméra.

Ici, rien de folichon pourtant. Un scénario propre et bien écrit mais simpliste. Une réal si ce n’est simpliste, minimaliste avec peu de plans, peu d’effets mais une force de frappe assez convaincante. J’ai marché dès les toutes premières minutes.

Si Catherine Deneuve (qui répond ici au joli nom de Barbara, il faut le mentionner tout de même !) m’est apparu pétillante comme jamais, mutine et totalement barrée, le rôle qu’elle endosse ne m’a tout de même pas surprise tant il ressemble à celui qu’elle jouait dans le récent Sage Femme .

Gérard, en revanche, trouve le moyen (après tant de rôles) de m’épater à nouveau. La bonne pomme c’est lui : une sorte de gentil nounours qui se fait marcher sur le bout du nez par une femme vulgos et ridicule qu’il décide de quitter pour se se retrouver à devoir gérer et partager le quotidien de cette Barbara fantasque et frivole.

Ce film est un délice. Une vraie bonne pomme sucrée qui nous redit l’importance de la légèreté dans nos vies si remplies et rythmées.

Il nous redit surtout l’importance de garder sa liberté, de savoir se foutre un peu de tout, de savoir déguerpir à tout instant pour, peut-être, recommencer un semblant de quelque chose, un peu plus loin.

De l’importance de l’instabilité et de la fuite.

Nos Bonnie & Clyde soixantenaires des temps modernes. Ravissant et rieur !