Ceci n'est pas une palme

Ceci n’est pas une palme

Ceci n’est donc pas une palme mais une réflexion sur le contrat social qui nous unit. Ce fameux contrat social qui fait que lorsque vous êtes invité chez votre meilleur ami vous dites bonjour avec le sourire en arrivant et proposez de l’aide lorsqu’il est question de débarrasser la table. Ce contrat social qui vous invite à vous arrêter lorsque le feu est au rouge ou encore à vous interposer lorsque deux personnes en viennent aux mains ou qu’une personne dans votre champs de vision appel à l’aide ou vous tend la main.

Autant dire, un contrat social que l’on respecte tous à la lettre. Ou presque.

C’est justement sur cet aspect de notre respect du contrat social que le réal suédois palmé met le doigt. Il braque sa caméra sur notre façon de nous comporter en société aux côtés de nos contemporains et autant le dire clairement, il pointe du doigt nos bassesses humaines et sociales les plus viles.

Dans les faits, ce film est aussi une critique (au sens noble, pas forcément négative) de l’art contemporain et du système « capitalistico-businessien » qui l’entoure et l’encadre.

On suit pendant 2h30 – oui c’est long, trop long à mon sens, le quotidien et les aventures du beau et charmant Christian, l’éminent directeur d’un grand musée d’art contemporain en pleine campagne de com pour annoncer l’arrivée prochaine de la nouvelle installation d’une artiste en vogue « The square ». Une installation qui justement à la volonté de mettre en avant l’importance du respect des règles de ce fameux contrat social que j’évoquais plus haut.

Alors oui, c’est barré et corrosif. C’est surtout emprunt d’humour et de second degrés ce qui à mon sens aide grandement à passer la pilule de cette œuvre très cinématographique mais plutôt difficilement empoignable selon moi.

D’un point de vue purement cinématographique le film peut se targuer de quelques très bonnes idées de cinéma et d’une mise en scène qui nous dit le tourbillon dans lequel on s’enfonce en se perdant dans cette société basée sur l’image, la notoriété, la recherche du « buzz » et un individualisme puant.

J’ai vécu ce film comme un enchaînement de scènettes qui nous permet d’avancer de case en case et de découvrir le personnage principal dans divers aspects de sa vie : personnelle, professionnelle, familiale et sociale. Autant de « vies » qui lui confèrent une place  et un rôle social différents.

J’ai avancé dans ce film, au travers de ces scènes, de la même façon que j’avance lorsque je visite un musée au sein duquel je passe de salle en salle, d’œuvre en œuvre, de ressenti en ressenti.

Ceci est en tout état de cause très intelligent, pensé et très original ce qui a le mérite d’être noté.

Ceci n’est pas un film que vous verrez tous les jours. Ceci est sans doute un film d’utilité publique.

Ceci est la Palme d’Or de ce 70ème Festival de Cannes.