Bonhomme

Bonhomme

La scène d’ouverture déjà m’a tendue. Tendue et agacée.

Cette façon de filmer caméra à l’épaule pour dire le chaos qui s’annonce était d’une non subtilité mal venue. Tout comme cette première incursion dans le quotidien de ce couple qui, cela se confirmera plus tard, vit en vase clos au cœur de cette ZAC de la banlieue lilloise. Tout sonne faux jusqu’au lien qui unit ce jeune couple. A aucun moment je ne suis touchée par leur union qui semble fondée sur un néant assez abyssal. « Pourquoi tu es avec moi ? Parce que t’es bonne ». Soit.

Puis vient l’accident. Je ne dévoile rien, c’est là le propos du film. Cet accident qui fera de Piotr (Nicolas Duvauchelle en surchauffe et en manque de vérité) un traumatisé crânien « frontal » tantôt amorphe, tantôt obsédé sexuel et à chaque instant en dehors des normes sociales.

Que vous dire du manque de subtilité de ce film, du jeu des acteurs, de l’écriture même du film ? J’aurais pu lister tous les anachronismes et autres lourdeurs de scénarios (et d’écriture j’insiste sur ce point) mais n’ai fait que subir cette heure et ces 40 minutes qui m’ont semblé durer une éternité.

Ce qui me chagrine le plus au fond c’est la volonté même de la réalisatrice (charmante au demeurant) qui nous dit (j’ai assisté à l’avant première du film en la présence de l’équipe du film, ndlr) avoir voulu porter à l’écran « la vie brisée d’une jeune couple qui avait l’avenir devant lui ». Je trouve déjà ce propos assez limité et aucunement en phase avec ce que j’ai vu à l’écran puisqu’elle s’évertue à faire vivre à l’écran l’amour qui unit ces deux jeunes gens. Manque de bol, ça tombe à plat tant ils sont incompatibles. Rien, ni de leur lutte pour retrouver une vie sociale normée, ni de leurs ébats, n’embrase la pédicule.

C’est au final une accumulation de scènes (je ne parlerai même pas de plans tant aucun n’a marqué ma mémoire) foutraques et survoltées qui forment ce tout, compact et indigeste.

Je vous fais fi d’une sombre histoire de proxénétisme très malvenue et d’un manque de rythme palpable qui tue le propos et le film tout entier.

Un long coït inanimé.