Black swan : 2ème effet !

Black swan : 2ème effet !

Je vous parlais, il y a de cela quelques semaines, de Black Swan que j’ai vu en streaming, n’en pouvant plus de cette attente tellement difficile à supporter. Hier soir, j’ai enfin vu Black Swan (j’ai l’impression qu’on attend ce film depuis des lustres) dans une salle obscure, avec un son digne de ce nom.

J’en ai ressenti toute l’émotion et je souhaitais revenir sur le sujet.

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On a tout lu sur Black Swan qui s’est offert une jolie promo, du travail acharné mené par Natalie Portman, à l’univers de la danse si bien retranscrit dans le film, en passant par la qualité des acteurs, du scénario…

Et en effet, j’ai ressenti hier soir tout l’envers du décors. J’ai pris conscience, que nous spectateurs, étions assis pendant 1h40 environ, dans une salle face à une toile blanche sans toujours prendre conscience du temps qu’il a fallu pour mener à bien ce projet et nous offrir ce cadeau en salle.

Cette fois, j’ai vu les efforts de Natalie Portman (OUI l’Oscar lui revient sans doute) la recherche du scénario et le travail sur les  décors et les chorégraphies.

Revenons justement sur ce scénario dont je n’avais, à premiere vue, pas saisi toute la richesse.

J’aime cette mise en abîme / métaphore du cygne blanc VS cygne noir.

Le thème central du film est en tout premier lieu la difficulté du monde de la danse. Un monde de compétitivité, de rigueur, où tout passe par le don de soi. Une danseur de ballet, dédie littéralement  sa vie à son art. Le fait que ce soit généralement un univers féminin n’arrange pas les choses, les jalousies, les moqueries, les supercheries sont au coeur du quotidien de ces jeunes femmes dont la retraite se prend vers 30 ans… (cf Beth très touchante Winona Ryder qui joue la danseuse en fin de course)

Mais au delà ce ça, c’est plus largement le passage de l’enfance à l’age adulte qui est le thème central du film.

Toute la métaphore qui tourne autour du cygne blanc et du cygne noir n’est autre que la découverte de la sexualité, de son apprentissage et le symbole de ce changement de « status » que l’on prend en devenant adulte.

Nina (Natalie Portman) a environ 20 ans, vit avec une mère ultra protectrice, qui a gardé la rigueur de sa carrière de danseuse passée (carrière qui ne l’a jamais menée à des premiers rôles). L’actrice d’ailleurs joue ce rôle avec beaucoup de puissance : on sent clairement toute la frustration qui est en elle. Comme beaucoup de parents, elle rêve que sa fille réussisse là où elle a échoué.

Il est donc très difficile pour Nina d’aller contre la volonté de sa mère, on imagine même qu’elle a du commencer la danse dans le but de « faire plaisir » à sa mère.

Je pense qu’il n’y a rien de plus difficile que d’aller à l’encontre de la volonté de ses parents. Pour cela il faut du courage, et surtout une forte confiance en soi.

Et voilà justement ce qu’il manque à Nina, de par son travail acharné elle a acqui la souplesse, la rigueur, la perfection nécessaire à toute danseuse de ballet.

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Il lui reste à trouver en elle, la force de prendre le large et de se détacher de la toute puissance de sa mère.

Cela lui permettra d’incarner le cygne noir symbole, entre autre, de l’âge adulte et de toutes ses perversions et limites.

J’aime justement cette phrase prononcée par Vincent Cassel (Thomas, le chef de ballet) qui lui dit :

« Perfection is not just about control, it’s also about letting go » (« la perfection ce n’est pas juste le contrôle, c’est aussi savoir lâcher prise)

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Voilà, tout est dit… Nina se doit de lâcher prise afin d’entrer dans l’âge adulte au risque d’y perdre quelques plumes…

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Ce film nous offre au final un condensé de beauté, de drâme, d’horreur, de mélancolie, de nostalgie, de douceur, de douleur et de subtilité.

Autant dire qu’un film qui parvient à nous faire autant parler et qui soulève de tels adjectifs mérite d’être qualifié de bon film.

On aime !