Bienvenue dans l'univers impitoyable des Pujol

Bienvenue dans l’univers impitoyable des Pujol

Qu’est-ce qu’une potiche ? d’après le premier dico en ligne que j’ai pu trouver : il semble que ce soit cela : 

nom féminin singulier  

 – grand vase en porcelaine  

 – au sens figuré: personne dont le rôle est plus « décoratif » que fonctionnel

Et bien ce que je peux vous dire que ce n’est nullement ce que représente Suzanne aka Catherine Deneuve dans le dernier opus de François Ozon, Potiche.

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Suzanne est certes une feme d’interieur qui répond à la demande / aux demandes devrais-je dire de son mari mais on sent bien que c’est belle et bien elle qui tient les affaires. Lors de cette scène ou elle parle avec sa fille Judith Godrèche (pseudo figurante du feuilleton Dallas : j’y reviendrai) et où cette dernière dit en gros à sa mère que la pire chose qui pourrait lui arriver serait de « finir » comme sa mère, comme une potiche… on sent bien que ces paroles n’affectent pas Suzanne qui est une vraie battante et qui a déjà décidé de reprendre sa vie en main.

Alors pour le synopsis de ce film, je vous laisserai voir ou revoir la bande annonce, ce n’est pas seulement sur cela que j’ai envie de m’atarder mais surtout sur des aspects bien précis du film.

Déjà, j’ai lu et entendu récemment que Catherine Deneuve était « de plus en plus rock » et bien : je confirme !! déjà en la voyant dans le ELLE : classe comme toujours, mais avec ce coté desinvolte et ce gros titre : « Je ne suis pas raisonnable du tout » et bien, on a envie de la croire ! en train de faire son jogging avec son ptit 3 bandes et ses bigoudis : elle est juste ravissante et hyper moderne alors que l’effet escompté devait être l’inverse (le film se passe en 1977). Ajoutez à cela une Une d’un célèbre magazine gay dont je tairai le nom : et bien on l’a notre couguar des années 2010 ! Catherine ne change rien, on t’aime de la sorte avec toute cette ambiguité.

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Autre point non négligeable du film : le couple Depardieu / Deneuve réuni à l’écran. C’est juste LE fantasme des cinéphiles (ou suis-je la seule à penser que c’est juste The couple mythique du cinéma français ?). Et là, ils s’en donnent à coeur joie, une petite danse, un baiser volé, des flirts dans les bois et un ptit tour en voiture : on l’a notre « dream come true » et c’est un réel plaisir que de les voir réunis.

Ils sont tellement justes et convainquants qu’on finit par se dire qu’il y a réellement un lien qui les unit. J’aime !

L’univers « Giscardien » tient également une place prépondérante dans le film : ce défilé de couleurs, de déco font que nous nous retrouvons réellement dans une autre époque qui nous semble tellement décalée et datée mais en même temps tellement actuelle. Et c’est là que je parlerai du modernisme du film. Le thème traité est finalement plus que d’actualité. J’ai lu que Suzanne faisait penser à Ségolène alors…. c’est pour dire !!

Toutes ces répliques truculentes et bien de notre temps nous prouvent que nous ne sommes pas tant éloignés que ça de ces années partriarcales.

Ah oui ! j’allais oublié ! une autre de mes lectures m’a également marquée. Le magazine UGC du mois consacre une page au coiffeur du film. J’ai d’abord trouvé ça bizarre de choisir cet angle pour parler du film mais je comprends un peu mieux après l’avoir vu. On assiste bel et bien à un défilé de coiffures : c’est bien simple, on pourrait se croire au mondial de la coiffure !

Entre le fils qui replace sa mèche rebelle, la fille (et j’y reviens) qui a la coupe de Farah Fawcett, la mère qui est brushinguée à la Bernadette Chirac ou encore la secrétaire qui se fait une retouche Elnett : on est servi ! Seul Gégé a gardé son éernelle coupe au bol…

Ce film est vraiment réjouissant, c’est du très bon cinéma français avec une touche d’audace ce qui n’est pas pour nous déplaire. Réussir à faire de ce film tellement démodé, une critique de notre société actuelle est une vraie réussite.

Bravo, François, vous avez « Ozé » et nous vous disons merci. Ohhhh c’est nuuuul – c’est du facile et en plus j’ai grossièrement copié sur un article lu cet après midi… je ne me dis pas bravo… quelle potiche je fais alors !

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