Et ta soeur

Et ta soeur

Ah la difficulté de l’adaptation. Il y aurait tant à dire sur cet exercice si difficile. Dans ce cas précis, l’unique conclusion à tirer est le ratage complet de cet opus. Ah mais alors complet de chez complet le ratage !

Et ça m’embête de dire ça car le film est distribué par Le Pacte, distributeur dont j’aime et respecte le line up (attendez de voir le sublime Saint Amour avec Depardieu et Poelvoorde en mars prochain). Mais voilà, il en faut des couacs et des loupés.

C’est au générique de début que j’ai découvert les dessous de l’affaire, à savoir que cette comédie était une adaptation de Your sister’s sister. Or, Your sister’s sister, je m’en souviens très bien, il s’agit d’un film indé US que j’avais découvert lors de mon premier Deauville en 2012 et qui fut une très belle surprise. Cette ambiance, ces dialogues ciselés, cet amour singulier qui unit ces deux sœurs et ce garçon venu s’immiscer entre elles deux – tous regroupés pour se retrouver et (se) redonner un peu de vie. C’était vraiment charmant.

Et ta sœur (c’est le titre du film) reprend tous ces éléments et les plaque tels quels – BAM on reprend les mêmes éléments et hop on colle ça à la sauce française.

Sauf que ça ne marche pas du tout ! Tout tombe à p-l-a-t.

Je pense avoir trouvé ce qui m’avait gêné par dessus tout (outre les mouvements de caméra excessifs des premières scènes) : c’est cette sensation de faire « comme si on était dans la vraie vie entre potes » sauf que ça ne marche pas comme ça le cinéma ! A aucun moment je n’ai envie qu’on m’impose cette proximité, si je la ressens c’est mon choix et c’est sans aucune doute que le film m’a touché et c’est très bien mais ça ne se commande pas !

Et puis, c’est mal joué bon sang. J’avoue avoir esquissé un petit rire à 2 ou 3 reprises, lorsqu’un running gag fonctionne plutôt bien mais cette comédie me fut lourde à supporter tant tout semble tellement faussement sympathique, tellement faussement drôle, tellement faussement profond.